lundi 28 mars 2016

27 mars 2016 - DAMPIERRE - Saint Jour de Pâques - Année C

Ac 10,34a.37-43 ; Ps 117 ; Col 3,1-4 ; Jn 20,1-9

Chers frères et sœurs, cher Eliott,

Sainte Marie-Madeleine, saint Jean – le disciple bien-aimé – et saint Pierre constatent que le tombeau de Jésus est vide.

Certains théologiens voudraient nous faire croire – c’est à la mode – que la foi des chrétiens en la résurrection de Jésus se fonde sur le simple fait que le tombeau soit vide. L’« absence » constatée de Jésus se serait muée en « présence » par l’action de l’Esprit Saint. Ce même Esprit pourrait nous faire revivre aujourd’hui à nous aussi cette même expérience de la « présence/absence » et nous serions alors fondés à croire comme les premiers Apôtres, que le Christ est ressuscité.

Je vous le dis tout net : cette théologie est fausse. D’ailleurs, on n’y comprend rien. Ni Marie-Madeleine, ni Pierre, ni même Jean n’ont cru en la résurrection de Jésus parce qu’ils ont trouvé le tombeau vide... Ils ont simplement constaté qu’il est vide. Point. Et ils sont restés perplexes. Sauf saint Jean, pour une raison très concrète qu’on va voir.

Pour Marie-Madeleine et Pierre, il sera nécessaire que Jésus leur fasse la grâce d’une apparition. L’apparition de Jésus à Marie-Madeleine est connue : elle nous est relatée en détail par saint Jean dans la suite de l’évangile d’aujourd’hui.
L’apparition de Jésus à Pierre est signalée par saint Luc, lorsque les disciples d’Emmaüs reviennent à Jérusalem et que les Apôtres leur confirment : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon ! ».
Pour Marie-Madeleine et Pierre, la foi en la résurrection se fonde sur une apparition personnelle de Jésus.

En ce qui concerne saint Jean, il faut être précis. Il écrit : « Il vit et il crut ». Il vit quoi ? Relisons : « Simon-Pierre entre dans le tombeau : il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut ».
L’important n’est pas le suaire, qui est rangé, comme dit saint Jean, à sa place. Ce suaire, qui recouvrait la tête de Jésus était destiné à éponger son sang, après sa descente de croix. Il devait être mis au tombeau avec le défunt, pour ne pas disperser le sang.
L’important, ce sont les linges « posés à plat ». C’est-à-dire qu’ils ne sont pas pliés ou rangés : ils se sont effondrés sur eux-mêmes, le Corps de Jésus s’étant comme évanouit. C’est cela que voit saint Jean et qui, raisonnablement lui fait conclure à quelque chose d’absolument extraordinaire : Jésus – pourrait-on dire – est entré dans la « 4ème dimension », et les linges se sont affaissés, reposant sur la pierre du tombeau.

Chers frères et sœurs, il n’y a que la réalité physique, soit de Jésus laissant la trace de la disparition de son corps à l’intérieur même des linges, soit de son apparition corporelle à ses disciples, qui peut fonder la foi en sa résurrection. Jésus est réellement ressuscité et les Apôtres, tous, ont voué leur vie à cette proclamation. Jusqu’à la mort pour la plupart d’entre eux.

Eliott, tu vas être baptisé. Par l’eau tu vas passer par le chemin de Jésus, de la mort à la vie.
En recevant l’onction du saint Chrême, tu vas recevoir l’Esprit de Jésus qui ressuscite les morts et fait d’eux des enfants de Dieu. Tu seras configuré à Jésus, prêtre, prophète et roi.
Le corps humain de Jésus est maintenant un corps nouveau, transfiguré, et le vêtement blanc que tu vas porter signifie que ton corps à toi aussi sera comme le corps de Jésus ressuscité.

Enfin, tu recevras la lumière, c’est-à-dire la foi qui te permettra de veiller jours et nuits, dans les peines comme dans les joies, jusqu’à la venue de Jésus. Cette lumière, c’est déjà Jésus présent dans ton cœur, qui n’attend qu’une seule chose : te faire entrer dans sa communion, avec tous les saints, pour la vie éternelle ; cette vie qu’il a inaugurée aujourd’hui par sa résurrection. Amen.

26 mars 2016 - VELLEXON - Veillée Pascale - Résurrection du Seigneur - Année C

Gn 1,1 à 2,2 ; Ps 103 ; Gn 22, 1-18 ; Ps 15 ; Ex 14,15 à 15,1a ; Ex 15 ; Rm 6,3b-11 ; Ps 177 ; Lc 24,1-12

Chers frères et sœurs, les enfants,

Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. Dieu s’est fait homme : c’est Noël. L’homme qui devient Dieu : c’est Pâques. Les deux fêtes de Noël et de Pâques se répondent l’une à l’autre.
D’ailleurs, regardez. A Noël, Jésus était couché dans des langes, dans une mangeoire, dans une grotte. Marie et Joseph étaient là, mais aussi les anges. Puis il y a eu la visite des trois Rois-mages, avec de l’or, de l’encens et de la myrrhe, et puis les bergers et une multitude de moutons.
A Pâques, au tombeau, Jésus aussi est couché dans des linges, dans un tombeau. Marie était au pied de la croix et c’est Joseph d’Arimathie qui a fait ensevelir Jésus. Ce matin, il y a aussi les anges, et puis la visite des trois saintes femmes : Marie-Madeleine, Jeanne et Marie mère de Jacques. Elles apportent des aromates. Et après les femmes viendront les Apôtres, les pasteurs de l’Eglise, et avec eux une multitude de disciples de Jésus.
Voyez comment se ressemblent la nuit de Noël et la nuit de Pâques. Parce que dans les deux cas, il s’agit d’une naissance. A Noël, Jésus est né dans le monde des hommes. A Pâques, il est rené dans le Royaume des cieux. Avec une nouveauté.

Quand Jésus s’est fait homme, il n’a jamais cessé d’être Dieu, même si cela ne se voyait que par moments. Mais la nouveauté c’est que quand il est rené dans le Royaume des cieux, il ne cesse pas non plus d’être un homme. Et cela se voit de temps en temps, notamment quand Jésus apparaît à ses disciples. La grande nouveauté, frères et sœurs, les enfants, c’est que s’il est possible, grâce à Jésus, d’être un homme dans le Royaume des cieux, alors c’est que cela est possible pour nous aussi. Un jour, nous serons comme Jésus : dans un corps de lumière.

Tout à l’heure, nous sommes entrés dans l’église alors qu’elle était dans le noir. Mais c’était beau, parce qu’il y avait plein de lumières, comme les étoiles dans le ciel. C’étaient les anges et tous les saints du ciel qui prient pour nous. Et nous n’avons pas eu peur de rentrer dans le noir, parce que le Cierge Pascal, Jésus, nous ouvrait le chemin. Jésus, par sa lumière, nous guide à travers la nuit de la mort.
Nous sommes restés longtemps dans le noir, pour écouter les lectures. Nous avons commencé par le début du monde, la Genèse, puis le sacrifice d’Isaac, où Dieu a substitué un bélier à l’enfant et a loué la foi d’Abraham. Le bélier, c’était Jésus, qui vient se substituer à nous à l’heure de la mort, pour que nous vivions. Et puis nous avons franchis la Mer Rouge avec Moïse : nous avons franchi le mur de la mort. Et après, au moment où nous chantions le Gloire à Dieu avec tous les anges, tout s’est allumé : nous sommes rentrés dans la lumière. C’est la nouvelle naissance, la nouvelle création dans le Royaume des cieux. Maintenant, nous sommes en pleine lumière, avec Jésus dans son Royaume. Les ténèbres ont disparu pour toujours, elles sont repoussées à l’extérieur.
Mais finalement, les ténèbres, maintenant elles ne nous font plus peur : elles ne sont que l’écrin, le magnifique écrin étoilé, où repose le diamant de l’homme ressuscité.

Je voudrais terminer par un petit bouquet spirituel dédié aux femmes qui sont dans notre assemblée. Juste un petit regard sur Marie-Madeleine, Jeanne et Marie mère de Jacques, et sur la sainte Vierge Marie.

Marie-Madeleine est cette grande pécheresse bien connue, pardonnée par Jésus, et qui en est devenue amoureuse. C’est la première à l’avoir vu ressuscité, justement en raison de cet immense amour pour lui.
Jeanne, est la femme de Chouza, intendant d’Hérode. C’est une femme de qualité, peut-être veuve à ce moment-là, on ne sait pas. Elle devait faire partie de ces femmes qui aidaient Jésus et qui le suivaient.
Et puis, il y a Marie mère de Jacques. Cette Marie est la tante de Jésus, la femme de Cléophas – le frère ou le beau-frère de saint Joseph – et la mère de Jacques, José, Simon et Jude, les cousins de Jésus. Jacques deviendra le premier évêque de Jérusalem. Nous sommes donc en famille.
Dans leurs relations avec Jésus, les femmes ont le choix : en tomber amoureuses, le prendre sous sa protection en maîtresses-femmes ou bien tout simplement le considérer comme un membre de la famille.

Justement, les femmes, en Israël, sont, dans leur famille, les responsables des traditions. C’est sainte Anne qui a appris l’Ancien Testament à Marie, et c’est Marie qui l’a transmis à Jésus.
A la naissance de Jésus, comme toutes les mamans juives de l’époque, Marie a composé pour son enfant un poème tissé de citations de l’Ancien Testament : ce poème, c’était le Magnificat.

Aujourd’hui c’est l’Eglise qui, dans la liturgie héritée des anciens, chante le poème de la nouvelle naissance de Jésus ressuscité. Comme Marie, l’Eglise ne cesse de se souvenir et de chanter son immense joie : Magnificat ! Alléluia !

25 mars 2016 - VELLEXON - Vendredi Saint - Passion du Seigneur - Année C

Is 52,13 à 53,12 ; Ps 30 ; Hb 4,14-16 ; 5,7-9 ; Jn 18,1 à 19,42

Chers frères et sœurs,

Saint Jean avait 22 ans, quand il a assisté à la Passion de Jésus. Tout ce que nous avons entendu, il l’a vu, et il l’a écrit pour nous aujourd’hui. L’Evangile de saint Jean a la particularité d’être en même temps le plus profond spirituellement et en même temps le plus proche de la réalité historique. Parce que saint Jean a écrit ce qu’il a vu.
Grâce à lui, nous suivons pas à pas Jésus en sa Passion. Au début, il y a cette rencontre entre Jésus et les gardes : « Qui cherchez-vous ? » « Jésus, le Nazaréen », Lorsque Jésus répond « C’est moi, je le suis » ces hommes reculent et tombent à terre. Parce que « Je suis » est le Nom de Dieu. « Je suis qui je suis » avait dit Dieu à Moïse, au Mont Sinaï. Jésus est Dieu. Les gardes viennent arrêter Dieu.

Dieu dérange dans notre monde. Il n’est pas le bienvenu. Il perturbe nos affaires et nous rappelle trop qui nous sommes. Et en plus, quand on s’aperçoit que Dieu n’est qu’innocence et bonté, doux comme un agneau, sa lumière devient éclatante : soit on le déteste, soit on se jette dans ses bras.
Aujourd’hui, c’est le jugement de Dieu. Il y a les accusateurs, il y a les traîtres et les lâches et il y a les témoins impuissants. Le jugement de Dieu est en même temps le jugement des hommes. Chacun est obligé de choisir son camp.
Nous, nous sommes chrétiens. La question n’est pas de savoir ce que nous aurions fait, à l’époque, si nous avions été présents, mais elle est de savoir ce que nous faisons maintenant.

En vérité, Jésus vit toujours sa Passion à travers son Corps qu’est son Eglise. Il suffit d’écouter les hommes autour de nous pour nous rendre compte que Eglise de Jésus est moquée, accusée, jugée, et dans certains pays frappée et persécutée à mort. Certains ne se cachent pas pour dire qu’ils souhaitent son humiliation et sa disparition.
Chers frères et sœurs, l’Eglise de Jésus c’est le Corps de Jésus. Et l’Eglise c’est nous, les baptisés, lorsque nous communions au Corps et au Sang de Jésus. A travers son Eglise, Jésus ne cesse pas de souffrir la Passion, à cause du péché parfois dramatique de ses membres, et parce qu’il continue d’être frappé par les coups de ceux qui le détestent.

Alors, dans quel camp sommes-nous ? Honte d’être chrétien aujourd’hui ? Peur de se dire chrétien devant des servantes de grand-prêtres ? « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? ». Simon-Pierre répondit : « Non je ne le suis pas ». « Non, je ne le suis pas ». « Non, je ne le suis pas ». Et le coq chanta.
Chers frères et sœurs, nous ne sommes pas plus grands que saint Pierre. Nul ne sait ce qu’il dirait, ce qu’il ferait, s’il était moqué en public ou persécuté. Et je pense particulièrement aux enfants. Aujourd’hui, il est difficile à un enfant d’assumer d’être chrétien au milieu de ses camarades. La responsabilité des adultes en est d’autant plus grande. Et nous voyons bien combien nous sommes faibles et finalement pas très courageux. En réalité, nous sommes comme les disciples : dès que la pente monte un peu, on descend du vélo.

Jésus n’a jamais condamné ses disciples, ni même ses accusateurs et ses bourreaux. Sur la Croix il a eu cette prière pour tous : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Et lors de ses apparitions, sa première parole pour ses disciples a été : « La paix soit avec vous ». Jésus nous aime à en mourir. Jusqu’à en mourir sur une Croix. Par pur amour gratuit pour nous. Jésus est la miséricorde de Dieu. Il est le Dieu de miséricorde infinie.

Chers frères et sœurs, la Croix de Jésus n’est donc pas un signe de mort. Parce que Jésus est ressuscité et qu’il est vivant maintenant, elle est devenue un signe de victoire sur la mort. La croix est le bâton de Moïse qui ouvre en deux la Mer Rouge. Elle est la clé qui nous ouvre le Paradis. Elle est l’arbre de vie éternelle. Elle est la preuve de l’amour de Dieu pour tous les hommes.

La Croix est le signe des chrétiens, de ceux qui aiment Dieu. Soyons fiers de la Croix de Jésus et demandons-lui la force de l’être toujours, dans toutes les circonstances de notre vie. Amen.

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