dimanche 3 mai 2026

03 mai 2026 - DAMPIERRE - 5ème dimanche de Pâques - Année A

 Ac 6, 1-7 ; Ps 33 ; 1P 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12
 
Chers frères et sœurs,
 
Nous avons vocation à entrer dans la communion de Dieu, dans le royaume des cieux. Bien évidemment, pour nous, humains, c’est une réalité qui nous est difficile à comprendre. C’est la raison pour laquelle, quand Jésus enseigne cela à ses disciples, il prend une image. Il dit : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. »
 
Dans cette petite phrase, Jésus nous apprend plusieurs choses. La première est que la communion de Dieu est comparable à une maison, ou plus exactement pour Jésus et ses disciples, à un temple. Justement, le Temple est vraiment le lieu de l’assemblée du peuple de Dieu et le lieu où réside la Présence de Dieu. C’est aussi le lieu où l’assemblée présente ses offrandes et le lieu où Dieu donne sa bénédiction. On voit que la communion de Dieu est un lieu où avec lui se trouvent tous les saints, dans un échange perpétuel de marques d’affection mutuelle. C’est un lieu d’amour, un lieu vivant.
Jésus dit que dans ce Temple de Dieu, il y a « de nombreuses demeures ». Cela veut dire que si dans le Temple se trouve l’assemblée des saints, il ne s’agit pas d’une assemblée uniforme – où tout le monde est pareil, comme des Playmobils. Chacun a sa « demeure ». C’est-à-dire que chacun est dans le Temple selon sa vocation, selon ses dons particuliers, selon sa personnalité, selon sa vertu aussi. Nous avons chacun des noms différents, il y a au Ciel, dans la communion de Dieu, pour chacun une place différente – où nous sommes bien. Chacun sera intensément heureux d’être enfin et pour toujours à sa place, une place unique, une place merveilleuse. Et en même temps, c’est une place qui est en harmonie avec l’ensemble, comme un instrument dans un orchestre.
« Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. » Nous comprenons : dans la communion de Dieu, communion d’amour et de vie, chacun a sa place, selon sa vocation, pour son bien et celui de tous.
 
Maintenant, retournons la chaussette. Jésus a pris l’image du Temple pour nous faire comprendre la Communion de Dieu. Oui ? Alors cela veut dire que le Temple est l’image de la Communion de Dieu. Quand nous regardons une église en pierre, nous devons nous dire : « c’est une image de la Communion de Dieu. » Dans cette église, il y a une assemblée – nous aujourd’hui. Nous sommes l’image de l’assemblée du peuple de Dieu qui est dans la Communion de Dieu. Nous voyons bien que nous ne sommes pas les uns sur les autres, tous identiques, comme des Playmobils. Nous sommes différents : le prêtre, la chorale, l’organiste, des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes… tous différents mais tous ensemble. Chacun à notre place nous sommes chacun dans notre « demeure », dans la Communion de Dieu. L’Église, chers frères et sœurs, est l’image du Ciel sur la terre. C’est la raison pour laquelle il y a pleins de symboles et de rites : parce que la vie du Ciel est bien différente de la vie de la terre.
 
Donc Jésus dit qu’il nous « prépare une place » dans la Maison de son Père, et : « Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas est bien embêté, car il ne sait pas quel est ce chemin. Et Jésus répond : « Moi, Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » Dimanche dernier Jésus avait déjà appris à ses disciples qu’il était la « porte des brebis ». En fait, Jésus est la porte qui fait entrer dans le Temple de Dieu, dans le Ciel. Cette porte c’est : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Souvenez-vous, il a dit : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez vous les uns les autres » et « Ceci est mon corps, livré pour vous. Vous ferez cela en mémoire de moi. » Ce ne sont pas simplement des mots : nous savons que Jésus lui-même les a mis en pratique en donnant sa vie pour nous sur la croix : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » ; « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Si nous voulons entrer dans la communion de Dieu, nous devons mettre en pratique comme lui les commandements qu’il nous a donnés. C’est un combat de tous les jours, jusqu’à notre dernier souffle.
 
Vous le savez bien, nombreuses sont les occasions de nous décourager, de nous rebeller ou d’avoir peur. Mais contre ces sentiments, Jésus qui a dit « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde », nous apprends encore une dernière chose : « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Cette fois-ci, c’est Philippe qui ne comprend pas. Voir le Père est comme l’objectif à atteindre. Si nous voyons le Père, c’est que nous sommes dans sa Communion. C’est la raison pour laquelle Philippe dit : « Montre-nous le Père, cela nous suffit. » Mais Jésus va plus loin. Une chose est de voir le Père de ses yeux – et de rester extérieur à lui. Autre chose est de « connaître » le Père – et d’être en communion intérieure avec lui. Jésus ne veux pas que nous en restions à voir – comme des étrangers s’observent l’un l’autre – mais il veut que nous entrions en communion : être en communion c’est se « connaître ». Jésus dit qu’il connaît le Père et que le Père le connaît : ils sont en communion l’un avec l’autre. Ce que pense l’un, l’autre le pense ; ce qu’il fait, l’autre le fait. C’est pourquoi Jésus dit : « Le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. » Ce que fait Jésus, c’est ce que le Père fait à travers lui. Jésus rend visible le Père qui est invisible. Si on a compris cela et si on a foi en Jésus, alors on peut aussi comprendre que si on est en communion avec lui, alors il pense et il agit en nous, et les œuvres qu’il fait, nous les faisons en son nom : « Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. » Quand les chrétiens agissent au nom du Christ, conformément à ses commandements, en communion avec lui, alors ce n’est plus eux qui agissent, c’est Jésus lui-même qui agit en eux. Il n’y a ni temps ni espace, ni mort dans la communion de Dieu, il n’y a que de l’amour, que de la vie éternelle. Ce remède au désespoir ou à la peur a un nom : c’est l’Esprit Saint. 

Articles les plus consultés