dimanche 30 août 2026

30 août 2026 - CHARCENNE - 22ème dimanche TO - Année A

 Jr 20, 7-9 ; Ps 62 ; Rm 12, 1-2 ; Mt 16, 21-27
 
Chers frères et sœurs,
 
Jusqu’à la mort de Jean-Baptiste, Jésus était considéré par les foules comme un guérisseur et un prophète annonçant un Royaume des cieux un peu lointain, donc relativement inoffensif. Mais avec la mort de Jean tout a changé : désigné par ce dernier comme Messie d’Israël, Jésus n’allait-il pas, ne devait-il pas, suivre la route ainsi tracée : rétablir Israël dans sa souveraineté politique et religieuse ? Voilà ce que les foules attendaient – y compris les disciples – et que les autorités établies, anciens, grands prêtres et scribes commençaient à craindre. Devant le danger d’être pris pour un conquérant, Jésus s’est rapidement éloigné vers les territoires païens : Tyr et Sidon, Césarée-de-Philippe – c’est-à-dire Panéas, la ville du dieu Pan. C’est là, aux portes des enfers, où l’homme totalement déboussolé se livrait sans frein à ses pulsions les plus débridées, que Pierre avait confessé la foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant ! » Et Jésus y avait vu l’œuvre de son Père dans le cœur de Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette Pierre, je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle ! »
 
Jésus considère donc qu’en Pierre, il a désormais touché un point solide : il peut maintenant remplir sa mission qu’il expose ouvertement : monter à Jérusalem. Pour lui, cela suppose non seulement d’entrer en conflit avec les autorités, mais surtout d’avoir à mourir avant de ressusciter. Pierre n’a retenu qu’un point : « mourir ». « Souffrir », c’est le lot commun de tous les prophètes qui sont poussés par l’Esprit de Dieu à proclamer des paroles qui dérangent, donc c’est normal. « Ressusciter », il ne sait pas vraiment ce que c’est, mais avant d’y arriver « mourir » est une étape inacceptable pour le Messie de Dieu, pour le Fils du Dieu vivant ! : « Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ! »
 
Ici, trois remarques sont nécessaires. La première est que, quand un homme est bénéficiaire d’une grâce forcément immense de la part de Dieu, comme l’a été Pierre confessant la foi, il est immédiatement victime d’un coup de fourche en retour de la part du démon, pour le ramener sur terre. Ce n’est pas parce qu’on a reçu une grâce qu’on est devenu un ange. Ici la chute de Pierre est lourde, qualifié de « satan » par Jésus… Un peu de réalisme et d’humilité sont nécessaires.
La seconde remarque est que Jésus répond à Pierre comme justement il avait répondu à Satan lors de ses tentations au désert. Le diable s’est servi de Pierre pour tenter Jésus à nouveau : le faire renoncer à sa mission divine en réduisant celle-ci à un projet purement humain.
Car, troisième remarque, et c’est le point le plus important : en parlant de Jérusalem, Jésus certes désigne la ville judéenne de Jérusalem où se situe le Temple, mais son regard voit plus loin : il voit la Jérusalem céleste où réside son Père dans sa gloire. Là est Jérusalem. Et c’est pourquoi il faut passer par la mort et ressusciter pour y accéder.
On peut dire que l’incompréhension grandissante entre Jésus et les autorités, et les foules qui finissent par leur emboîter le pas, trouve son point de départ ici. Et ce point de discorde entre Jésus et les hommes est permanent : combien sont-ils à rêver d’un Jésus libérateur politique et religieux, ou d’un modèle de vertu sociale, en ce monde ? Mais Jésus est bien plus que cela. Sa Parole est comme une semence : semée dans le cœur de ses disciples, arrosée par le don de l’Esprit à la Pentecôte, étendue à tous les peuples et à toutes les générations par le baptême, elle grandit : c’est l’Église en ce monde et la même Église dans le Royaume des cieux : c’est Jérusalem.
 
Après son échange musclé avec saint Pierre, Jésus s’est adressé aux disciples pour leur faire part des difficultés de l’entreprise. Recevoir une grâce, la grâce de la foi, ne leur garantit pas d’être plus que des anges, des saints, mais au contraire, cela va attirer sur eux l’attention des puissances contraires : il va falloir lutter. « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il se rejette lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » ; « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. » C’est assez radical, mais cela dit bien la différence qu’il y a entre le monde présent et le royaume des cieux. Il faut changer de représentations, changer de mentalité. Nous autres, chrétiens, nous avons la chance de vivre après 2000 ans de christianisme : nous avons été apprivoisés en partie avec cette transformation radicale qui ne concerne pas seulement l’esprit mais aussi la chair ; mais pour les apôtres et les disciples au temps de Jésus, il fallait être prophète pour comprendre... Il fallait une grâce spéciale de Dieu, celle de la Pentecôte. En fait, soyons honnêtes, c’est toujours vrai pour nous aujourd’hui : sans l’Esprit de Dieu nous ne pouvons pas comprendre qui est réellement Jésus, ni quel est le sens véritable de sa mission pour nous, et notre propre vocation en elle. Il nous faut aussi être prophètes.
 
Cependant, une chose est certaine, et nous devons en être tous bien conscients. Elle est très bien dite par le prophète Jérémie : « Je me disais : je ne penserai plus à Dieu, je ne parlerai plus en son nom. Mais sa Parole était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os. Je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir. »
C’est la semence de la grâce qui germe et grandit dans le cœur de l’homme, comme celle de la foi dans le cœur de Pierre, qui va germer et s’épanouir à la Pentecôte. Cette semence, nous l’avons tous reçue à notre baptême ; elle nous travaille, elle grandit en nous, et elle s’épanouira, faisant de nous plus que des anges : des saints pour le Royaume des cieux.
Elle est comme un arbre fruitier planté qui grandit, est taillé et soigné d’une main sûre, pour donner de bons fruits. Quand le temps est venu, que les fruits sont mûrs, on les récolte, on les laisse fermenter, dépérir jusqu’à devenir du moût. Survient alors l’heure salutaire de la distillation, et l’affinage (un peu de purgatoire dans un tonneau ou une bonbonne…), pour goûter enfin à l’eau de vie, merveilleuse, intense et parfumée  – Jérusalem ! 

dimanche 23 août 2026

23 août 2026 - COURTESOULT - 21ème dimanche TO - Année A

 Is 22, 19-23 ; Ps 137 ; Rm 11, 33-36 ; Mt 16, 13-20
 
Chers frères et sœurs,
 
Dimanche dernier, nous avions vu Jésus dans la région de Tyr et de Sidon. Nous le retrouvons près de Césarée de Philippe. Il s’agit d’une ville païenne dont le nom a été changé par Philippe, un des fils du roi Hérode, pour faire plaisir à l’empereur Auguste : elle s’appelait originellement Panéas – la ville du dieu Pan. Dans la mythologie grecque Pan est le dieu des bergers, des troupeaux et d’une nature sauvage, pour ne pas dire complètement débridée ; il est mi-homme, mi-bouc, avec des cornes et des sabots de chèvre… Et il joue du pipeau. Tout un programme… !
Et c’est là, dans cette ambiance, disons « champêtre… », que Jésus interroge ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’Homme ? », ou plus exactement : « Qui dit-on que je suis ? moi qui suis le Fils de l’Homme. » Évidemment, on est à dix milliards d’années-lumière du dieu Pan. Le « Fils de l’Homme » est celui que le prophète Daniel voyait venir – au cours de ses visions – avec les nuées du ciel. Voici ce qu’il en dit : « Il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » Jésus est donc ce Fils de l’Homme. Mais qu’en pensent les gens ?
On lui répond alors qu’il est comme « Jean-Baptiste », ou bien « Elie », ou bien encore « Jérémie, ou l’un des prophètes ». C’est pas mal, mais c’est quand même un peu décevant : Jésus est bien plus qu’un prophète. Notons en passant que, par rapport à saint Marc et à saint Luc, qui racontent la même histoire dans leurs évangiles, Matthieu a ajouté le nom de Jérémie. Il s’agit d’un flash publicitaire pour nous faire comprendre que Matthieu s’inscrit dans la tradition spirituelle de Jérémie. Comme lui, il perçoit que les temps actuels sont dramatiques et qu’il est nécessaire de se convertir et de faire pénitence. Mais que Dieu inaugure en Jésus une Alliance nouvelle. Le prophète Jérémie est vraiment un modèle pour saint Matthieu.
 
Si donc Jésus peut-être déçu d’être mal compris par les gens, il espère quand même que ses disciples – eux – seront plus éclairés : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » On imagine un instant le silence qui règne dans la classe… ! La réponse de Pierre est décisive non pas seulement sur le contenu, mais aussi sur la manière dont elle se présente.
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » La réponse est claire, nette et précise : Jésus est le Messie attendu, l’oint du Seigneur, celui qui vient sauver son Peuple et le conduire en Terre promise, et surtout, il est le Fils du Dieu vivant ; c’est-à-dire que le Fils de l’Homme est le Fils de Dieu. Jésus le Messie est Fils de Dieu. Il vient de Dieu. Il est Dieu parmi les hommes. Évidemment, l’affirmation est énorme. Pour un grec elle est insensée : Dieu ne peut pas être un homme ; pour un juif, on est à la limite du blasphème, sauf si Jésus est réellement le Fils de Dieu, l’exception qui confirme la règle.
On comprend la réaction de Jésus : « Heureux es-tu Simon fils de Yonas » C’est une béatitude ! Saint Pierre a eu de la part de Dieu une grâce : son intelligence a été illuminée par l’Esprit Saint : « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. » Ici Jésus ajoute une information nouvelle à l’affirmation qu’il est le Fils de Dieu : cette confession de foi n’est possible qu’à ceux que Dieu lui-même éclaire par l’Esprit Saint. Que Jésus soit fils de Marie et agisse comme un prophète : tout le monde peut le voir – et c’est d’ailleurs ce qu’il voit. Mais que Jésus soit aussi Fils de Dieu et agisse comme le Fils de l’Homme vu par le prophète Daniel, seuls ceux à qui Dieu a accordé cette grâce peuvent le voir également. Il faut qu’ils soient eux-aussi devenus prophètes.
 
Nous percevons que nous sommes ici à un tournant. Jésus n’a strictement rien à voir avec Pan – le dieu du monde dépravé – ni même avec le sommet de ce qui est pensable pour un homme aux yeux d’un juif pieux : être un prophète qui voit Dieu, comme Moïse ou Élie… Non : Jésus est Fils de Dieu et Messie sauveur pour toute l’humanité, pour toute la création. Il leur offre l’Alliance nouvelle et de devenir un monde nouveau. Et cette nouvelle terre, c’est l’Église.
Ne pensons pas ici à une église de pierre – ce n’en est qu’une image, ou mieux une icône – mais pensons plutôt que l’Église de Dieu n’est pas faite de main d’homme ; elle est bâtie avec des pierres vivantes : les saints et les saintes de Dieu. Cette Église est un Temple dans lequel Dieu réside, lui le Vivant, ce pourquoi « les puissances de la mort ne l’emporteront pas sur elle. » Et – ce qui est fou en définitive – c’est qu’il en donne les clés à un homme dont nous connaissons tous par ailleurs la faiblesse, pour ouvrir ou fermer, lier ou délier : c’est-à-dire qu’il lui accorde toute sa confiance. L’homme illuminé par Dieu – même s’il demeure inchangé de caractère naturel, avec toutes ses limites personnelles qu’elles soient culturelles, intellectuelles ou physique – cet homme reçoit toute la confiance de Dieu pour être un autel sur lequel on peut s’appuyer pour offrir le sacrifice d’Action de grâce : aimer Dieu et aimer son prochain et pardonner. Simon reçoit le nom de « Caïphe » en araméen, « Képhas » en grec, « Pierre » en français, car dans l’Église il est le rocher, la pierre d’autel sur laquelle est confessée le Nom de Dieu.
Savez-vous, chers frères et sœurs, qu’au moment même où Jésus établit Pierre dans l’Église, c’est le jour de la fête du Yom Kippour – le jour du Grand-Pardon ? Jour où le Grand-Prêtre – qui se nomme Caïphe – prononce le Nom de Dieu dans le secret du sanctuaire du Temple ? Jésus a fait de Simon un « Caïphe », un grand-prêtre dans son Église, lui qui a confessé le Nom de Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »    

samedi 15 août 2026

15 août 2026 - CHARCENNE - Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie - Année A

 Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Ps 44 ; 1 Co 15, 20-27a ; Lc 1, 39-56
 
Chers frères et sœurs,
 
N’est-il pas curieux de proclamer l’évangile de la Visitation de Marie à sa cousine Élisabeth alors que nous fêtons l’Assomption de Marie au ciel ? Quel est le rapport ?
Dimanche dernier, et celui d’avant, nous avions déjà été confrontés à tel phénomène où l’évangile du jour, tout en étant bien situé historiquement dans la vie terrestre de Jésus, évoque également une situation qui a lieu après sa résurrection. Par exemple dimanche dernier, la marche de Jésus sur les eaux était un moyen pour saint Matthieu de nous parler aussi de l’apparition de Jésus au Cénacle ; et le dimanche d’avant, la multiplication des pains évoquait aussi la liturgie eucharistique de l'Église.
 
Aujourd’hui saint Luc paraît user du même procédé. Certes, il raconte bien ce qui s’est historiquement passé : la Vierge Marie déjà enceinte de Jésus s’est rendue chez sa cousine Élisabeth elle-même enceinte de Jean-Baptiste depuis quelques mois. Les deux femmes se sont émerveillées de leur bonheur mutuel, et Marie a chanté son Magnificat. Il n’y a aucune raison de douter de cet événement, que Marie elle-même a pu relater à saint Luc. Cependant saint Luc veut nous faire passer un message plus profond – presque caché – exactement comme l’a fait saint Matthieu. Comme d’habitude, ce sont les détails qui attirent notre attention.
 
Le premier réside dans le récit lui-même. Aucun autre évangéliste n’a raconté l’Annonciation puis la Visitation : si saint Luc l’a fait, ce n’est pas pour satisfaire notre curiosité sur l’histoire de Marie ou de Jésus bébé ; c’est que cela a voir avec le contenu de notre foi. L’Annonciation rappelle que Jésus est fils de Marie et fils de Dieu. La Visitation nous dit qu’au-delà de ce qui est extérieur et visible – les corps humains – la réalité humaine a aussi une part intérieure et invisible : celle des âmes qui peuvent être éclairées par l’Esprit Saint. Ainsi Élisabeth remplie d’Esprit Saint voit en sa cousine Marie la Mère de son Seigneur, la Mère de Dieu. De même saint Jean-Baptiste, encore à l’état de fœtus mais déjà habité par l’Esprit Saint, perçoit la présence de Jésus embryonnaire : il en a tressailli de joie. Dans le texte araméen, saint Luc dit qu’il a « bondi » de joie comme un cabri ! On comprend qu’Élisabeth s’en soit rendu compte… !
 
Mais justement, et c’est un deuxième détail, cette joie qui est celle d’Élisabeth et de Jean-Baptiste, est semblable à celle des anges et des saints du ciel lorsqu’ils accueillent Jésus ressuscité en son Ascension. C’est une exultation – l’exultation de la victoire de la vie sur la mort, et du bien contre le mal. Comme toujours à ce moment, il y a un dialogue entre les anges, pour ne pas dire un interrogatoire, sur l’identité de celui qui monte au ciel. Ici c’est Élisabeth qui parle et interroge : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » ; et Marie répond, présentant son identité : « Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. »
 
Voilà quelque chose d’étonnant, c’est le troisième détail. De l’exultation des habitants du ciel à la victoire de Jésus ressuscité, on est passé à la question de l’identité de Marie qui se présente dans la Maison de Zacharie, située dans une ville de Juda, dans une région montagneuse. Mais pourquoi autant de précisions qui n’en sont pas…? Nous comprenons que saint Luc parle en réalité de la montée de Marie sur la Montagne de la Gloire de Dieu, dans la Jérusalem céleste, dans le sanctuaire du Seigneur, où elle est reçue en tant que Mère de Dieu et Reine, elle qui est l’humble servante du Seigneur, mais que tous les âges diront désormais bienheureuse. Elle est la Toute-Sainte pour l’éternité. Le récit de la  Visitation est bien pour saint Luc un prétexte et une prophétie de l’événement de l’Assomption de Marie au ciel.
 
Marie s’est déclarée « humble servante du Seigneur » ; titre qui est depuis toujours celui de Moïse, le « serviteur du Seigneur ». De même que pour Marie, nous ne savons pas où est enterré Moïse : leur corps a disparu. C’est une caractéristiques des plus grands prophètes entrés dans l’intimité de Dieu, comme Élie par exemple, ou Hénoch. Marie est entrée dans la gloire du ciel sans délai. Saint Luc a souligné ce point : elle est montée « avec empressement », « en hâte » dit l’araméen.
 
Nous aimons chanter de Marie qu’elle est la « première en chemin ». Ce chant nous permet de nous souvenir que sur ce chemin – celui du ciel – beaucoup la suivent ; et que ce « beaucoup », c’est nous. La leçon de l’Assomption de Marie au ciel, c’est que pour tous les hommes – et les femmes – qui se laissent habiter, éclairer ou revêtir par l’Esprit Saint, l’entrée au ciel se fera de même. Notre identité : « serviteurs et servantes du Seigneur », « enfants de Dieu », « amis de Dieu ». Sa marque ? Celle des élus, baptisés au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Et sa preuve ? La communion au Corps et au Sang de Jésus : comme Marie, nous lui appartenons, et nous le portons en nous. Tout est en ordre. Alors, bondissons de joie et rendons grâce !

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