dimanche 26 avril 2026

26 avril 2026 - GRAY - 4ème dimanche de Pâques - Année A

 Chers frères et sœurs,
 
Quand nous célébrons une messe, nous faisons toujours trois choses.
D’abord, nous nous souvenons. Nous nous souvenons des temps passés avec ses heures dramatiques et aussi ses heures de joie, comme aujourd’hui. Nous y retrouvons la longue marche, parfois difficile, de notre humanité avec Dieu et parfois contre Lui. Nous nous souvenons aussi de Jésus qui a célébré la sainte Cène, a subi la Passion, est mort en croix, mais est ressuscité et vivant, ainsi qu’en ont témoigné les Apôtres. Nous nous souvenons.
Cependant, en refaisant les gestes qu’a faits Jésus, en redisant ses paroles, nous les actualisons. Nous nous rendons contemporains de lui, et lui se rend présent maintenant à nous. En fait, pendant la messe nous sommes en communion non seulement avec nos anciens du passé, mais aussi entre nous, et aussi – même si nous ne nous en rendons pas compte – avec les générations du futur.
Et enfin, en célébrant la messe, nous rendons visible le monde à venir, le Royaume des Cieux, qui est invisible. La messe n’est pas seulement du passé. Elle est plus que du présent : elle révèle l’avenir. Et l’avenir, est communion, dans la paix, la joie et la lumière. C’est cela que nous disons aujourd’hui à nos anciens et aux plus jeunes : dans la nuit le chrétien garde allumée la lumière de la foi et de l’espérance.
Sommes-nous dignes d’être ainsi prophètes ? Non, sans doute pas, mais par notre baptême et avec le pardon de Dieu, c’est possible.
 
 
Ac 2, 14a.36-41 ; Ps 22 ; 1P 2, 20b-25 ; Jn 10, 1-10
 
Chers frères et sœurs,
 
Le drapeau français est composé de trois couleurs : le bleu, le blanc et le rouge. Nous avons tous appris à l’école que le blanc est la couleur du roi et que le bleu et le rouge sont les couleurs de Paris. Cette explication très républicaine ne doit pas nous faire oublier à nous chrétiens pourquoi il en est ainsi.
En effet, le blanc est celui du voile de la Vierge Marie, conservé dans la cathédrale de Chartres. Les rois, portaient la fleur de Lys comme symbole, mais le Lys, c’est aussi Marie. Marie est la mère de tous les chrétiens : elle fait l’unité de l’Église.
Ensuite le bleu, c’est celui de la Chape de saint Martin. Les rois capétiens s’appelaient ainsi parce qu’ils étaient protecteurs du tombeau et des reliques de saint Martin. Or saint Martin fut l’évangélisateur et le protecteur des différents peuples des Gaules, et même des envahisseurs Burgondes, Francs, et Wisigoths : saint Martin a fait l’unité de la France.
Enfin le rouge : c’est Montjoie. Montjoie est l’oriflamme de guerre des rois de France. Au combat, nous le savons tous, les chevaliers criaient : « Montjoie – Saint-Denis ! » Parce que Montjoie était conservé à l’abbaye – aujourd’hui cathédrale – de Saint-Denis, où se trouvent les tombeaux des rois. Montjoie, c’est Montmartre – le mont du martyre de saint Denis, premier évêque de Paris. Saint Denis faisait l’unité de Paris, son diocèse, et Monjoie faisait l’unité de toutes les troupes au moment du danger, derrière le roi.
 
Pourquoi je vous raconte cela ? Parce dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus explique aux pharisiens et à ses disciples, qu’il est lui-même le drapeau – le seul – qui fait l’unité de toute l’humanité, pour la conduire de ce monde au monde nouveau : le Royaume des Cieux.
 
Jésus dit : « Je suis la porte des brebis. » Cette affirmation, pour qui peut la comprendre est une vraie bombe atomique. Premièrement, il dit « Je suis », or « Je suis » est le Nom que Dieu s’est donné lui-même lors de sa manifestation à Moïse au Buisson Ardent. Jésus dit donc qu’il est Dieu.  Deuxièmement, il dit qu’il est la « porte des brebis ». Mais, chers frères et sœurs, il ne s’agit pas d’une image un peu pittoresque, la « porte de brebis », c’est au Temple de Jérusalem la porte par laquelle les brebis – et notamment les agneaux de Pâques – entraient dans l’espace du Temple réservé aux prêtres pour y être sacrifiées. Lors de la reconstruction du Temple au retour de l’exil à Babylone, la « porte des brebis » a été la première à être reconstruite, par le grand-prêtre lui-même, aidé des prêtres. Celui qui est la « porte des brebis », chers frères et sœurs, est celui qui a les clés pour entrer dans l’espace sacré du Temple de Jérusalem. Nous pouvons dire, pour nous chrétiens, que la « porte des brebis », c’est le baptême, le sacrement qui nous inscrit dans la communion de Jésus, prêtre, prophète et roi.
 
Jésus dit qu’il appelle les brebis « chacune par son nom ». Comprenons bien. Cela veut dire que l’appel de Dieu, l’appel au baptême, l’appel à être en communion avec Jésus est absolument personnel. Chacun d’entre nous est différent ; il ou elle a une vocation différente ; des dons différents. Nous sommes certes tous des brebis, mais des brebis différenciées qui ont chacune un nom. Ainsi, le drapeau français a trois noms : Marie, Martin et Denis. Tous différents, dans un seul drapeau.
Or, dans l’Évangile, il est dit que les brebis suivent le berger et qu’elles s’enfuient loin de l’étranger, car elles ne connaissent pas sa voix. Il est important de savoir qu’en araméen, le texte ne dit pas « les brebis », il dit : « le troupeau. » La différence est que c’est tous ensemble que nous suivons Jésus, et que c’est tous ensemble que nous tournons le dos à celui dont nous ne connaissons pas la voix – l’ange rebelle, le diable. Le discernement de ce qui est bien – suivre le Berger –, et de ce qui est mal – écouter la voix de l’Étranger –, n’est pas une affaire personnelle, individuelle, éventuellement les uns contre les autres, mais c’est une affaire de tous ensemble, dans l’unité. Le bon Berger, appelle chaque brebis par son nom mais il guide le troupeau, dans l’unité, comme un drapeau guide une armée. L’Étranger au contraire flatte l’orgueil individuel et il disperse. On ne peut pas avoir plusieurs drapeaux dans un régiment : au combat, l’indiscipline c’est l’échec assuré.
 
Jésus dit qu’il est venu pour que les brebis « aient la vie, la vie en abondance ». Il va de soi, chers frères et sœurs que si on porte un drapeau haut sur le champ de bataille, c’est pour se donner du courage, pour se rappeler le but : celui de la victoire, et avec elle ses fruits, à commencer par celui de la paix. Il en va de même pour notre bon Berger, Jésus : il est le guide qui réconforte et encourage ; il est aussi celui qui indique et qui est la porte d’entrée de la vraie victoire, sur la souffrance, sur le mal et sur la mort. La vraie victoire, c’est la vie, la vie en abondance, c’est-à-dire l’Esprit Saint, et avec lui ses fruits : la vraie Paix qui vient de Dieu, la joie et la lumière.

Voilà chers frères et sœurs, un sermon un peu atypique. Mais ce n’est pas le drapeau qui nous permet de comprendre l’Évangile. C’est l’Évangile qui nous permet de comprendre notre drapeau. Nous sommes une vieille nation chrétienne, même si on l’a parfois un peu oublié. Et maintenant, levons l’étendard du Royaume des cieux, le Christ Jésus, notre bon Berger, notre Seigneur et notre Dieu !

dimanche 19 avril 2026

19 avril 2026 - VELLOREILLE-lès-CHOYE - 3ème dimanche de Pâques - Année A

 Ac 2, 14.22b-33 ; Ps 15 ; 1P 1, 17-21 ; Lc 24, 13-35
 
Chers frères et sœurs,
 
Nous connaissons par cœur l’histoire des disciples d’Emmaüs. On en retient généralement l’idée que tout en marchant Jésus les a préparés intérieurement par une bonne leçon de catéchisme et qu’il s’est fait reconnaître à eux en rompant le pain. Alors on imagine les disciples remontant tout joyeux au pas de course à Jérusalem pour annoncer la bonne nouvelle aux Apôtres.
On fera observer que le déroulement de la messe suit exactement ce cheminement : d’abord le temps de la lecture des Écritures, éclairées par la proclamation de l’Évangile, puis le sermon censé les expliquer ; temps suivi par celui de la célébration eucharistique où le prêtre reproduit les paroles et les gestes de Jésus lors de la Cène, en vue de la communion. Et à la fin, nous avons l’envoi pour l’annonce de la Bonne nouvelle, sinon à Jérusalem, du moins à tout notre entourage.
Tout cela est bien entendu tout à fait exact, et je pourrais presque terminer mon homélie ici. Mais, je voudrais attirer votre attention sur quelques petits cailloux semés par saint Luc sur le chemin d’Emmaüs.
 
D’abord, la discussion entre les disciples. Dans la version grecque de l’évangile, les échanges sont caractérisés par trois verbes différents. En gros, ils commencent par « échanger », puis ils se mettent à « discuter », et enfin, juste avant l’arrivée de Jésus, l’évangile dit qu’ils se « lancent des paroles »… Bref, plus le chemin avance, plus le ton monte ! Jésus intervient au beau milieu d’une discussion assez animée. De fait, on ne peut pas comprendre les Écritures, la Loi de Moïse et les Prophètes, sans que Jésus les éclaire. On se perd dans des interprétations sans fin, jusqu’à se diviser, le cas échéant.
Le problème, pour les disciples, est de comprendre pourquoi Jésus, cet homme « prophète, puissant par ses actes et ses paroles », c’est-à-dire comme Moïse – dans la Bible, il n’y a que Moïse qui soit identifié de cette manière – ; pourquoi donc ce Jésus, prophète aussi grand que Moïse, qui devait délivrer Israël, s’est retrouvé jugé, condamné, insulté, frappé, mis en croix jusqu’à mourir ? Avec, en plus, cette histoire de tombeau vide et de résurrection, le troisième jour ?
L’éclairage de Jésus sur les Écritures porte justement sur sa passion, sa mort et sa résurrection : les prophètes ont spécifiquement annoncé cela. On comprend pourquoi, dans nos évangiles et dans notre liturgie aujourd’hui, le récit de la Passion est si important : ce qui s’est passé correspond parfaitement aux prophéties. Jésus, remarquons-le, reproche aux disciples leur esprit sans intelligence, la lenteur de leur cœur à croire. Le cœur, pour les hébreux, n’est pas le lieu des émotions ou des affections : il est le lieu de la raison, de l’intelligence. Les disciples ont comme un poids sur leur intelligence, qui les empêche de comprendre. Il y a ici un jeu de la part de saint Luc. De même qu’une pierre lourde a été roulée devant le tombeau de Jésus, de même un poids lourd obstrue l’intelligence des disciples. Mais lorsqu’ils reconnaissent Jésus ressuscité, c’est comme si ce poids avait disparu : la pierre a été roulée et la lumière est sortie du tombeau. L’intelligence des disciples a été illuminée.
 
Faisons un pas de plus. Jésus a donc expliqué le sens de sa Passion en lien avec la Loi et les Prophètes ; il est allé jusqu’à la question du troisième jour, jusqu’à sa résurrection. Il se passe alors quelque chose de spécial : c’est le moment où Jésus fait mine de partir, tandis que les disciples cherchent à le retenir : ils pressentent déjà intuitivement que cet homme rencontré sur le chemin réchauffe et illumine leur cœur de l’intérieur, même s’ils ne sont pas encore capables de le reconnaître formellement. En fait, Jésus a parcouru tout le Credo avec eux, et la proclamation du Credo est toujours un signe de la présence de Jésus. Les disciples le sentent.
Le jour descend, la nuit vient : nous sommes à Emmaüs. Il y a une question avec Emmaüs. Il est possible de comprendre qu’il s’agit de l’ancien nom de Béthel, là où Jacob eut la vision en songe d’une échelle qui reliait la terre et le ciel, sur laquelle les anges montaient et descendaient. Or Jacob dit « Que ce lieu est redoutable ! C’est vraiment la maison de Dieu, la porte du ciel ! » Et il appela ce lieu Béthel, c’est-à-dire « Maison de Dieu ». La maison où se trouvent Jésus et les deux disciples à Emmaüs est donc la Maison de Dieu, le Temple. Jésus peut donc y reproduire les paroles et les gestes du Jeudi Saint. Et c’est ce qu’il fait. Les disciples le reconnaissent alors, non pas tant à la fraction du pain qu’à sa manière de le leur donner : il reproduit aussi les mêmes gestes qu’à la multiplication des pains. Il n’y a que Jésus à procéder ainsi.
En fait, d’après l’Évangile, tant en araméen qu’en grec, les disciples ne « reconnaissent » pas Jésus tel qu’il était avant : ils le « connaissent » – comme dans saint Jean : c’est Jésus connu intimement, et en même temps éblouissant, transfiguré, qui transperce leurs yeux et leur intelligence de part en part. C’est Jésus – le même qu’autrefois – mais Jésus glorieux. Et il ne « disparut » pas à leurs regards, comme si il s’éteignait comme une ampoule, il « fut emporté », il leur devint « imperceptible » : c’est-à-dire qu’on ne le voit pas, mais que sa présence demeure : il est toujours là, vivant. Pas seulement extérieur, mais aussi intérieur – car il y a eu un moment de profonde communion. On comprend mieux le bouleversement des disciples, qui reviennent à Jérusalem, autant pour annoncer aux Apôtres ce qu’ils viennent de vivre que pour tâcher de retrouver Jésus, dont ils pensent le retour imminent.
 
Voilà chers frères et sœurs, quelques éléments utiles à la méditation de l’Évangile, à la compréhension de Jésus ressuscité, mais aussi du sens et de la profondeur de l’Eucharistie, véritable porte du ciel, qui nous conduit à la vraie connaissance du Seigneur vivant, dans la sainte communion.

dimanche 12 avril 2026

12 avril 2026 - GRAY - 2ème dimanche de Pâques et de la Divine Miséricorde - Année A

 Ac 2, 42-47 ; Ps 117 ; 1 P 1, 3-9 ; Jn 20, 19-31
 
Chers frères et sœurs,
 
Les lectures de ce dimanche nous donnent à voir les fondements et caractéristiques essentielles de l’Église. Dans l’Évangile d’abord, nous retrouvons les Apôtres enfermés au Cénacle par peur des Juifs. Ils craignent une persécution violente. Mais ils sont également meurtris : n’ont-ils pas abandonné Jésus durant sa Passion ? Comment peuvent-ils soutenir le regard de Marie, elle qui est restée jusqu’au bout, au pied de la croix ? En fait, la situation des Apôtres est celle de tout homme pécheur, confronté à sa misère personnelle et confronté à la mort. La première Église est donc composée d’hommes et de femmes, comme tous les autres. Ni pires, ni meilleurs.
 
Tout à coup, Jésus « vint au milieu d’eux ». Trois observations : nous sommes dit saint Jean « le premier jour de la semaine » ; il évoque en réalité le « jour un » qui est le premier jour de la création. La résurrection de Jésus est une nouvelle création. Ensuite, Jésus n’a aucun geste ni parole de condamnation à l’égard de ses disciples. Au contraire, de même qu’il a prié en croix « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », il dit maintenant : « La paix soit avec vous » qu’on peut comprendre : « Le pardon soit avec vous. » Enfin, Jésus se manifeste dans un corps glorieux – il peut apparaître en tous lieux – mais qui conserve son aspect physique – ses blessures sont apparentes et nous savons qu’il peut manger du poisson. Devant ce phénomène, contemplant le corps de Jésus marqué par les stigmates de la Passion, les disciples le reconnaissent et sont remplis de joie.
Ainsi l’Église, dans son ADN, est-elle cette communauté d’hommes pécheurs reconnaissant Jésus vivant, glorieux et physiquement présent, authentifié par les marques de sa Passion ; Jésus vivant qui ne condamne pas mais annonce la paix de Dieu. L’Église est cette communauté nouvelle apparue au premier jour d’une nouvelle création à la fois humaine et divine. De même qu’Adam fut modelé puis animé par le souffle de Dieu, de même l’Église est-elle modelée par la reconnaissance de Jésus crucifié et vivant et par le pardon reçu de lui, puis animée par le souffle de Dieu, l’Esprit Saint. Adam avait reçu la vocation d’être fécond et de se multiplier sur la terre ; l’Église a la vocation de se développer et de porter le témoignage de la Bonne nouvelle jusqu’au bout du monde, dans l’espace et dans le temps. Telle est donc la nature fondamentale de l’Église, qui rappelons-le, est une communauté joyeuse !
 
Mais voilà que Thomas n’était pas là. Thomas nous rend bien service, parce qu’il réagit comme nous, comme tout homme qui reçoit l’annonce de la Bonne nouvelle : d’abord il n’y croit pas. Thomas veut un témoignage sensible : il ne veut pas seulement entendre ; il veut voir et toucher. Jésus va satisfaire sa demande tout en l’appelant à la foi. Il en va de même pour nous : les sacrements de l’Église renvoient à des réalités visibles et matérielles, à considérer dans la foi : l’eau, l’huile, le pain, le vin, et… l’évêque – ou le prêtre qui en dérive – configurés à Jésus. On comprend donc que chaque eucharistie du dimanche est aussi le « jour un » de la Création qui régénère sans cesse l’Église. Aussi curieux que cela puisse paraître, l’entrée du prêtre en procession dans l’Église pour y célébrer l’eucharistie est aussi réelle et miraculeuse, humaine et divine, que l’apparition de Jésus au Cénacle pour y donner son Corps glorieux à voir et à toucher. L’Église et sa liturgie n’ont pas d’autre raison d’être que de manifester les réalités célestes et d’appeler à y participer jusqu’à la communion parfaite.
Nous comprenons donc pourquoi, dans les Actes des Apôtres, saint Luc nous dit que « les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ». L’enseignement des Apôtres, c’est le témoignage sur la vie, la Passion et la Résurrection de Jésus ; la communion fraternelle, c’est la communauté fondée sur le pardon et la paix de Dieu ; la fraction du pain, la messe, c’est la vision et la communion au Corps et au Sang de Jésus vivant, la réception de son Esprit de vie ; et les prières, ce sont en même temps la veille dans l’attente de la venue de Jésus, l’offrande de soi et de toute sa vie et l’exercice de la charité à l’égard du prochain. On voit comment, comme une plante l’Église se développe et prend la forme que nous lui connaissons aujourd’hui depuis l’apparition de Jésus au Cénacle, en passant par l’expérience de Thomas et la vie de la première communauté.
 
Il y a deux choses que nous ne pratiquons pas aujourd’hui, semble-t-il : la mise en commun des biens et la fréquentation du Temple de Jérusalem. Le partage des biens était pratiqué dans l’imminence de la venue de Jésus : il est le signe de sa venue toute proche. Aujourd’hui, il est pratiqué dans les monastères qui maintiennent le témoignage des origines. De manière plus lointaine, la quête à la messe et le Denier du Culte appartiennent au geste du partage des biens. Le Temple de Jérusalem a été détruit en 70 par les Romains. Relevons que sa fréquentation ne posait aucun problème aux Apôtres, aux premiers chrétiens et même à saint Paul. Mais il se trouve que Jésus, lorsqu’il a instauré l’eucharistie le Jeudi Saint, a également élevé le lieu du Cénacle à la dignité du Temple, ce qui fait qu’aujourd’hui tout lieu où les chrétiens sont réunis au nom de Jésus peut également être élevé à cette dignité, particulièrement les églises. Les Apôtres et les premiers chrétiens fréquentaient « assidûment » le Temple. Il était comme un poumon de prière : matin, midi, soir on y entendait la lecture des Écritures et le chant des psaumes. Ainsi sont les églises monastiques ; telles devraient être nos églises paroissiales, basiliques et cathédrales…
 
Que le Seigneur ne cesse de souffler son Esprit Saint sur son Église, afin qu’elle demeure aujourd’hui comme hier la communauté humaine et divine, signe du Royaume des cieux et témoin joyeux de la résurrection de Jésus Christ, jusqu’à ce qu’il vienne.

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