lundi 1 juin 2026

31 mai 2026 - COURCUIRE - La Sainte Trinité - Année A

 Ex 34, 4b-6.8-9 ; Dn 3 ; 2 Co 13, 11-13 ; Jn 3, 16-18
 
Chers frères et sœurs,
 
Saint Jean l’affirme : le dessein de Dieu le Père c’est que l’homme obtienne la Vie éternelle, c’est-à-dire l’Esprit Saint. Pour que cela soit possible, le Père a donné son Fils unique, Jésus, qui est mort sur la croix et ressuscité le troisième jour. Celui qui croit en Jésus ressuscité, comme les Apôtres à la Pentecôte, reçoit déjà maintenant cette Vie éternelle. Ainsi la porte du Ciel est ouverte à qui veut bien y entrer.

Saint Paul ne dit pas autre chose, dans sa bénédiction : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient toujours à avec vous. » En effet, la « grâce du Seigneur Jésus-Christ » c’est le pardon, la réconciliation avec Dieu qui nous permet de recevoir l’Esprit Saint, la Vie éternelle. « L’amour de Dieu », c’est la volonté du Père que nous les hommes soyons réconciliés avec lui et que nous obtenions la Vie éternelle. Et la « communion du Saint-Esprit » c’est cette Vie éternelle qui est communion avec Dieu mais aussi entre tous les saints, inséparablement. Nous le savons, le don de l’Esprit Saint à la Pentecôte est le souffle de vie de l’Église, qui est communion.

Saint Jean et saint Paul parlent donc de la même chose. Le premier met l’accent sur une Vie éternelle céleste ; le second rappelle que cette Vie éternelle est déjà commencée dans l’Église. Ce qui est peut-être plus étonnant, c’est que Moïse a déjà vécu cette communion, de manière prophétique.
 
Pour commencer, Dieu se définit lui-même comme « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». Nous retrouvons « l’amour de Dieu » dont parlait saint Paul, la volonté de Dieu que l’homme soit réconcilié avec lui et obtienne la Vie éternelle. Cette Vie éternelle est présente de deux manières distinctes : d’abord dans la nuée par laquelle le Seigneur se rend présent auprès de Moïse - nuée mystérieuse dont on sait qu’elle est lumineuse de nuit, nuée qui annonce le feu de la Pentecôte. Ensuite, la Vie éternelle est donnée dans les deux Tables de la Loi avec lesquelles Moïse va descendre de la montagne. La Loi est celle de l’alliance entre Dieu et son peuple et entre les membres du peuple entre eux. La Loi est une loi de communion. Pour nous chrétiens, nous pouvons comprendre que l’Esprit Saint est notre Loi nouvelle, ou plus exactement que le cœur de la Loi de Moïse c’est déjà l’Esprit Saint, l’Esprit de communion dans l’amour.

Mais il manque la « grâce du Seigneur Jésus-Christ », comme dirait saint Paul. Où est Jésus dans l’expérience de Moïse ? Moïse lui-même est la préfiguration de Jésus. Comme Jésus ressuscité, Moïse se lève de bon matin ; comme Jésus monte au Ciel lors de son Ascension, Moïse monte sur la montagne du Sinaï. Comme Jésus dans la gloire de Dieu s’assoit à la droite de son Père. Moïse est baigné dans la nuée de l’Esprit Saint et se trouve en présence de Dieu. Or quelle est la prière de Moïse à ce moment ? « S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux, daigne marcher au milieu de nous. Oui c’est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés et tu feras de nous ton héritage. » Cette prière, n’est-ce pas la prière que fait Jésus tous les jours pour nous ? Vous voyez bien qu’il y est question de grâce, de pardon et de communion entre Dieu et son peuple. Moïse anticipe Jésus ; Jésus est le nouveau Moïse, qui fait entrer dans la Terre promise du Ciel. Tout se tient : et c’est le même Dieu.
 
Quelles conclusions pouvons-nous tirer de ces observations ? J’en vois deux essentielles.

La première est que Dieu est inséparablement Père, Fils et Saint-Esprit. Dieu le Père donne son Fils Jésus pour que par sa grâce, son Esprit de Vie nous soit donné. Mais l’Esprit est celui du Père : c’est sa communion d’amour. Et c’est aussi la Vie du Fils, qui a témoigné de cet amour en donnant sa vie pour nous sur la croix. Le Père qui est invisible se rend visible en son Fils, à ceux à qui l’Esprit donne de le voir. C’est comme un Rubik’s Cube: vous pouvez le tourner dans tous les sens, le Père, le Fils et l’Esprit sont inséparables : trois personnes distinctes, ils sont pourtant un dans la même divinité.

La seconde conclusion est également inséparable de la première. C’est que si le Père a donné son Fils, c’est pour que nous recevions l’Esprit Saint. La volonté du Père est que nous participions à sa divinité. Et cela s’est déjà manifesté dans la révélation qu’il a faite à Moïse au Mont Sinaï, qui préfigurait l’ascension de Jésus au Ciel. Comprenons bien cette affaire : Dieu a toujours voulu nous faire participer à sa Vie éternelle ; il s’est révélé pour cela ; il a donné son Fils Jésus pour cela. Mais ce qu’il a fait pour Moïse, ce qu’il a fait pour les Apôtres à la Pentecôte, dont témoignent Jean et Paul : il le fait aussi pour chacun de nous maintenant.

Si le prêtre comme Moïse monte sur la montagne à l’autel pour prier Dieu notre Père au nom de Jésus-Christ, pour que son Esprit Saint vienne sur le pain et le vin, c’est pour que nous recevions la Vie éternelle en communion. Rien n’a changé : c’est toujours la même histoire. La Trinité n’est pas incompréhensible, c’est le mouvement qui anime la messe et toute notre vie. Car si un homme comme Moïse peut entrer dans la gloire de Dieu au Sinaï, pourquoi cela n’arriverait-il pas à chacun d’entre nous aujourd’hui, si le Seigneur nous en fait la grâce ? Mais déjà nous y sommes dans la gloire de Dieu, puisque nous sommes réunis dans l’Église, avec tous les saints.

Articles les plus consultés