dimanche 14 août 2016

14 août 2016 - CUBRY-lès-SOING - 20ème dimanche TO - Année C

Jr 38,4-6.8-10 ; Ps 39 ; Hb 12,1-4 ; Lc 12,49-53

Chers frères et sœurs,

Que se passe-t-il à Jérusalem ? L’histoire de Jérémie que nous avons entendue se passe en 586 avant Jésus-Christ, quelques semaines avant la prise de la ville par Nabuchodonosor. Cela fait quarante ans que Jérémie prophétise la chute de Jérusalem, dans l’espérance que la catastrophe pourrait être évitée si le peuple renonçait à ses idoles et se tournait enfin vers le Seigneur.
Devant la menace du roi de Babylone, les princes d’Israël avaient joué la carte du Pharaon d’Egypte pour défendre le pays. Et effectivement, celui-ci avait déjà brisé une première attaque. Mais cette fois-ci, alors que le siège de Jérusalem dure depuis déjà deux ans, les Egyptiens ne sont pas venus. Jérémie a annoncé que ceux qui se rendraient auraient la vie sauve, tandis que la ville serait malgré tout détruite. Voilà pourquoi les princes l’accusent de démoraliser les combattants et les habitants. Et il se retrouve aussitôt au trou, dans une citerne boueuse, sans avoir, ni à manger, ni à boire.
Si ce texte a été choisi comme lecture aujourd’hui, c’est pour nous rappeler qu’en tout lieu et jusqu’au fond de l’abîme du désespoir, lorsque nous nous tournons vers le Seigneur, le Seigneur entend l’appel de notre prière et le cri de notre détresse. De la même manière que le prophète Jérémie est tiré de sa citerne, de la même manière le peuple d’Israël sera tiré de son exil à Babylone. Il retrouvera un jour Jérusalem et il rebâtira le Temple du Seigneur.
La prière des fils de Dieu n’est jamais vaine. Mais c’est le Seigneur qui décide du jour et de la manière de la réalisation de ses promesses.

Le rédacteur de la Lettre aux Hébreux nous invite à ne pas nous décourager devant l’hostilité des pécheurs, et Jésus nous dit qu’il est venu apporter un feu sur la terre, que cela sèmera la division et que l’on se disputera même en famille. Cela nous fait un peu bizarre, nous qui sommes habituellement des gens pacifiques. Qu’y a-t-il derrière ces paroles ?
Nous avons été baptisés, prêtres, prophètes et rois. Nous sommes prophètes comme Jérémie et nous avons à dire aux gens ce que, souvent, ils n’ont pas envie d’entendre. Par exemple, qu’ils sont appelé à se convertir pour vivre heureux et devenir des saints.
Pour nous, il s’agit d’abord d’être fidèles au témoignage de la résurrection de Jésus. Rien que cela, avec toutes les conséquences que cela entraîne, suscite autour de nous des moqueries, du mépris, parfois une opposition violente, et même aujourd’hui – comme nous l’avons vu à Rouen – la mort.
Nous sommes un peuple de prophètes, nous les baptisés, qui annonçons au monde la résurrection de Jésus. C’est pourquoi nous avons les yeux fixés sur lui, attendant impatiemment sa venue. Nous savons qu’il est passé par la croix et que la croix est la porte de la vie si nous y passons avec lui. Et nous n’avons pas peur des injures, si nous les endurons aussi avec lui.

Jésus est venu apporter un feu, c’est-à-dire, l’Esprit de Dieu. L’Esprit de Dieu, l’Esprit Saint est comme une pièce avec un côté pile et un côté face. Côté pile, l’Esprit Saint est un détergent qui nettoie les taches du péché. Et même plus : comme le feu, il porte le métal à son point de fusion, et il le purifie de toutes ses scories et ses impuretés. Il y a incompatibilité totale entre l’Esprit Saint et le péché. On ne peut pas voir Dieu sans mourir car la sainteté de Dieu est telle qu’elle éblouit les yeux des pécheurs, elle les brûle comme le soleil. Seuls les cœurs purs peuvent voir Dieu, et ils sont bienheureux.
Et côté face, l’Esprit Saint est comme la rosée du matin, comme une douce chaleur qui prend toute notre âme et tout notre corps pour le régénérer, parfois même pour le guérir. Esprit Saint, douce paix et joie profonde que seul le Seigneur peut donner à ceux qu’il aime.

Nous n’avons pas plus bel exemple de femme habitée par l’Esprit Saint que la Bienheureuse Vierge Marie, que nous fêterons avec jubilation demain. Acquérir l’Esprit Saint, le feu de Jésus, c’est déjà entrer dans la gloire de son amour. Et ce n’est pas réservé qu’aux femmes ! Amen.

lundi 8 août 2016

6-7 août 2016 - MERCEY - RENAUCOURT - 19ème dimanche TO - Année C

Sg 18,6-9 ; Ps 32 ; He 11,1-2.8-19 ; Lc 12,32-48

Chers frères et sœurs,

Les Ecritures d’aujourd’hui nous parlent de la foi, la foi en Dieu, la foi en Jésus. Cette foi nous dit quelque chose de Dieu, et aussi, comme dans un miroir, quelque chose de nous. Il y a trois manières de parler de la foi.

En premier lieu, avoir la foi, c’est croire qu’il y a Dieu, et avec lui son Royaume. Cela signifie que le monde que nous voyons est sa création, qu’elle nous parle de lui à travers sa beauté et ses lois et qu’elle n’est qu’une partie de la réalité, qu’une partie de l’univers vivant et mystérieux de Dieu. Pour nous, avoir foi en Dieu, signifie être des créatures faites à son image et à sa ressemblance. Si par le fameux péché originel, nous avons perdu la ressemblance avec Dieu, et que nous naviguons dans notre vie avec des instruments de pilotage déréglés, en revanche personne ne pourra nous enlever que nous sommes créés à son image. Et donc, que nous avons vocation à vivre dans la communion d’amour de Dieu. C’est pourquoi, au plus profond de nous-même, il y a le désir infini de cet amour et la capacité d’en vivre.

En second lieu, avoir la foi, c’est croire ce que Dieu nous dit de lui. Dieu n’est pas totalement extérieur à sa création et à ses créatures. Il entre dans le temps et dans l’espace des hommes pour s’y faire connaître. Il fait alliance avec Noé, avec Abraham, avec Moïse… pour guider son peuple, de générations en générations, jusqu’à sa dernière alliance, la plus belle, la plus parfaite, avec Jésus. En Jésus, Dieu lui-même se fait homme. Et du coup, nous apprenons que nous ne sommes pas seulement des créatures : nous sommes aussi des personnes, comme le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont aussi des personnes. Nous ne sommes pas des numéros, mais « Marc », « Marie-Laure », « Jean-Claude »… Et nous découvrons qu’une personne peut être divine comme elle peut aussi être humaine. Et donc, si Jésus qui est Dieu, s’est fait homme, par notre communion avec lui, nous qui sommes humains, nous pouvons aussi être divins. Nous retrouvons alors la ressemblance perdue.
Croire ce que Dieu dit de lui, c’est croire non seulement des paroles mais aussi des actes, et les plus grands sont l’incarnation, la mort et la résurrection de Jésus, par lesquels le voile de la mort, qui nous séparait de l’univers de Dieu, est déchiré.

Alors, troisièmement, avoir la foi, c’est croire que Dieu est avec nous sur notre chemin jusqu’à son retour, et qu’il ne nous abandonnera pas. C’est ce que dit Jésus à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume ». Jésus utilise une parabole pour nous faire comprendre ce qu’en ce monde avoir la foi signifie : « Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces ». Avoir la foi, c’est durer dans la fidélité à Jésus. C’est lui faire une confiance totale, quoi qu’il arrive, jusqu’à ce qu’il vienne.
La parabole de l’intendant nous fait faire un pas de plus : Jésus compare Dieu au Maître, et les disciples à l’intendant à qui il confie la gérance de ses biens et de ses serviteurs. En définitive qui fait confiance à qui ? C’est Dieu qui le premier a foi dans son intendant, en espérant qu’il lui restera fidèle. La foi est un talent à faire fructifier, c’est pourquoi le Maître attend qu’il porte du fruit. Inversement, Jésus nous enseigne que perdre la foi, c’est entrer dans un cycle d’autodestruction : colère, violence, addictions…
Nous savons bien que nous luttons, que nous naviguons entre les deux, entre actes de foi et pertes de la foi, aussi, comme le père de l’enfant possédé par le démon, nous crions à Dieu : « Je crois, viens au secours de mon manque de foi », et nous en appelons à l’Esprit Saint.

Chers frères et sœurs, nous sommes dans un monde où les chrétiens sont pris en tenaille entre ceux qui ne croient pas et ceux qui croient mal. Certains vivent dans la volonté folle de prendre la place de Dieu et de transformer le monde à l’image d’eux-mêmes, d’autres désespèrent et se laissent aller à l’addiction ou à la violence. Il y a peu d’espace pour la foi et la raison qui connaît le Seigneur, qui écoute sa Parole et qui lui est fidèle.

Dans ce monde, nous n’avons pas à inventer la poudre, simplement à nous garder fidèles dans l’amour de Dieu et du prochain, avec la grâce de Dieu, et à veiller jusqu’à l’heure de la venue de Jésus. Pour le témoignage, c’est l’Esprit du Seigneur qui parlera en nous. Nous n’avons rien à craindre. Amen.

lundi 1 août 2016

31 juillet 2016 - GY - 18ème dimanche TO - Année C

Chers frères et sœurs,

Nous sommes réunis pour célébrer et participer à la mort et à la résurrection de Jésus.

Aujourd’hui, plus particulièrement, nous allons prier pour le Père Jacques Hamel du diocèse de Rouen, martyrisé en raison de sa foi alors qu’il célébrait la messe, et pour ses persécuteurs. Nous demanderons au Seigneur que le sacrifice du Père Jacques soit semence de paix pour notre pays, comme le sacrifice de Jésus nous a obtenu la vie éternelle, et que l’Eglise le reconnaisse bientôt comme bienheureux et martyr.

Nous prierons aussi pour toutes les victimes innocentes des attentats perpétrés en France depuis quelques mois, en demandant que la cesse la barbarie.

Préparons-nous à la célébration de l’Eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs, que la tentation de la violence nous traverse tous, et demandons au Seigneur la grâce de pouvoir pardonner à ceux qui nous ont offensés, pour être pardonnés aussi.

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Qo 1,2 ; 2,21-23 ; Ps 89 ; Col 3,1-5.9-11 ; Lc 12,13-21

Chers frères et sœurs,

Le Seigneur Jésus nous enseigne aujourd’hui qu’il est vain d’accumuler les biens de la terre en vue d’en jouir comme si la mort n’existait pas. Il nous rappelle que la vie d’ici-bas n’est que transitoire, éphémère, et que notre vraie vie se trouve avec lui, en Dieu.
Cet enseignement a deux conséquences : La première concerne les biens eux-mêmes : ceux-ci nous sont donnés comme en gérance, pour faire le bien, et non pas pour être thésaurisés. Il n’est pas interdit d’être riche et de posséder beaucoup de choses, mais simplement que cette richesse soit orientée comme un service, pour faire des actes bons.
La seconde conséquence nous concerne nous, les hommes. La vraie vie est donc celle qui est en Dieu, à laquelle nous sommes appelés à communier. Saint Paul nous dit que, depuis notre baptême, nous sommes passés par la mort et la résurrection de Jésus, et donc, que nous sommes déjà maintenant entrés dans cette vie. Tous les baptisés appartiennent déjà à la vie de Dieu. Il ne nous reste plus qu’à nous débarrasser du vieil homme qui est en nous pour laisser apparaitre l’homme nouveau, le saint ou la sainte que nous sommes par la grâce de Dieu.

Est-ce à dire que nous devons nous désintéresser de la vie de la terre ? Non. Comme chrétiens, nous avons deux missions principales sur cette terre. La première est, conformément à notre appartenance à la communion des saints, à assurer la louange de Dieu en priant pour tous les hommes de ce monde. Réciter quotidiennement la prière du Notre Père est un minimum. Célébrer régulièrement l’Eucharistie est le meilleur.
La seconde mission est, conformément à la demande de Jésus, d’annoncer son Evangile jusqu’aux extrémités de la terre ; afin que tous les hommes, apprenant la vérité de la beauté et de la bonté de Dieu, se convertissent librement et se fassent baptiser à leur tour. Cette annonce de l’Evangile ne peut se faire que dans un esprit de charité.

Mais alors, devons-nous nous désintéresser de la vie de la cité ? Non pas. Nous ne sommes pas des anges mais des hommes et nous appartenons à un peuple dont nous partageons les joies et les souffrances, et aussi, sur cette terre, le destin.
Jésus a fait une distinction utile en nous demandant de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ». D’une part, il nous dit que la mission et le discours de l’Eglise, la prière et l’annonce de l’Evangile, sont universels. Ils sont comme le soleil : ils éclairent le monde entier et ils le font grandir et mûrir comme un grand champ de blé. Mais le monde peut aussi, de manière absurde, mais libre, refuser cette lumière.
C’est ainsi, d’autre part, que la gestion de la cité et du bien commun appartiennent aux hommes, aux responsables légitimes des peuples, qui doivent prendre leurs responsabilités. Ceux-ci peuvent gouverner sous la lumière de l’Evangile, ce qui hâte le retour de Jésus, comme ils peuvent aussi, malheureusement, s’en éloigner.
Ainsi, nous autres chrétiens, nous savons que l’Evangile que nous portons n’a pas à s’imposer à tous les hommes. Mais nous savons aussi que les gouvernants, pour le bien des hommes, auraient tout intérêt à gouverner selon l’Evangile ; en pratique, selon la doctrine sociale de l’Eglise.
Justement, en ces jours de grande violence, l’Eglise nous dit notamment que les responsables du bien commun ont le droit et le devoir d’employer la force légitime pour faire respecter ce bien commun. De même, nous qui sommes chrétiens, nous sommes fondés à appeler les responsables du bien commun à assumer leurs devoirs, et nous nous devons de répondre positivement si ceux-ci nous demandent de participer à la force légitime, si nécessaire. En tout état de cause, il nous appartient de faire notre devoir de citoyens.

Chers frères et sœurs, nous allons maintenant entrer dans le sacrifice de Jésus. Celui-ci n’a pas été vain puisqu’il nous a apporté la vie éternelle. Entrons dans la prière. Offrons-nous nous-mêmes avec foi, comme Jésus s’est offert à son Père, pour la gloire de Dieu et le salut du Monde. Amen.

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