lundi 3 août 2026

02 août 2026 - CHOYE - 18ème dimanche TO - Année A

 Is 55, 1-3 ; Ps 144 ; Rm 8,35.37-39 ; Mt 14,13-31
 
Chers frères et sœurs,
 
Saint Matthieu est un scribe merveilleux, qui tire du trésor de son Maître de l’ancien et du nouveau. Dans un seul récit, il mélange trois niveaux de lecture : le premier est historique, le second fait référence aux Écritures, à l’Ancien Testament, et le troisième vaut pour l’Église, pour nous aujourd’hui.
 
Historiquement, saint Matthieu nous dit que Jésus apprend l’exécution de Jean-Baptiste. Il se rend alors seul « au lieu en ruine » au bord du lac, c’est-à-dire très certainement là où Jean prêchait et baptisait. Cependant les foules – dont nous savons qu’elles étaient nombreuses à aimer et à suivre Jean – rejoignent Jésus à cet endroit. Il y a tout lieu de penser, comme c’est la coutume en Orient et aussi chez nous, que tous se sont rassemblés pour partager « une brioche » le jour de l’enterrement. C’est une forme d’offrande pour le repos de l’âme du défunt. Évidemment, étant le cousin de Jean et désigné par lui comme l’« Agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde », les foules attendent de Jésus qu’il dise ou fasse quelque chose d’important. Va-t-il se révéler au monde ? Son « Heure » n’est-elle pas venue ? On voit très bien dans l’évangile que Jésus est pris de compassion devant l’attente des foules. Il va leur donner quelque chose qui dépasse leur entendement car, sur le coup, ils n’ont pas compris.
 
Le second niveau de lecture renvoie aux Écritures. Saint Matthieu n’est pas avare en références. Je vous les donne à la suite : 
- « Le soir venu » renvoie directement au soir du premier jour de la création : « Il y eut un soir, il y eut un matin. » 
- Les cinq pains et les deux poissons peuvent être interprétés comme les cinq livres de la Loi, de la Torah, et les deux poissons comme les Prophètes et les Psaumes, c’est-à-dire la totalité des Écritures
- Jésus dit « Apportez-les moi ! » Alors que le récit de la multiplication des pains se trouve aussi chez Marc, Luc et Jean, aucun ne s’est attardé sur ce détail. C’est que pour saint Matthieu, ce n’en est pas un. Dans le livre des Psaumes, on trouve une seule fois ce verbe : « apportez », dans ce verset : « Rendez au Seigneur la gloire de son nom. Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis » Dans les Écritures, quand il est question d’« apporter quelque chose », c’est généralement pour apporter une offrande. C’est un acte de culte. 
- Jésus demande ensuite à la foule de s’asseoir « sur l’herbe ». L’expression employée par Matthieu pour dire « l’herbe », « la prairie », ne se trouve que dans la Genèse pour parler de l’herbe verte du Paradis et, après le déluge, pour parler de la création réconciliée avec Dieu, du monde renouvelé. Évidemment Matthieu l’a fait exprès. 
- Plus loin, il dit : « Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. » C’est une citation exacte du psaume 78, où le psalmiste rappelle le don de la Manne lors de l’Exode des Hébreux au désert, et surtout le don des cailles qui s’ensuit, où les Hébreux en ont à satiété, jusqu’à en être malade, devant une telle abondance de viande ! Et cela fait aussi référence à la prophétie d’Isaïe que nous avons lue en première lecture : « Vous vous régalerez de viandes savoureuses ! » 
- Je passe rapidement sur les douze paniers, douze étant le nombre des tribus d’Israël : l’abondance est pour tout le peuple, et au-delà pour toutes les nations. 
- Et je finis sur les « cinq mille » hommes. Saint Matthieu n’a pas donné ce nombre au hasard. Ils étaient « cinq mille » les hébreux qui combattirent entre Béthel et Aï avec Josué. Après leur victoire Josué bâtit un autel selon les prescriptions de la Loi de Moïse, un autel de pierres brutes, et ils y présentèrent leurs offrandes. Or c’est également entre Bethel et Aï qu’Abraham avait résidé et qu’il avait bâti un autel au Seigneur et qu’il y avait invoqué son Nom. Pour les juifs à l’époque de Matthieu, dire « cinq mille hommes », c’est donc faire une référence à l’autel de Dieu près de Béthel, fondé par Abraham et rétabli par Josué, où on peut invoquer Dieu et lui présenter son offrande. 
Voilà pour le scribe qui tire de l’ancien du trésor du Mystère de Dieu.
 
Tirons maintenant le nouveau. Tout le monde a bien compris que, dans son récit de la multiplication des pains, saint Matthieu a esquissé le déroulement d’une célébration eucharistique : Jésus prend les pains, il lève les yeux au ciel, il prononce la bénédiction, il rompt les pains et les donne aux disciples qui les donnent à la foule. C’est ce que le prêtre fait toujours, à la demande de Jésus, pendant la messe.
Mais comprenez bien : la messe n’est pas un pique-nique sur l’herbe… Elle a lieu le soir du premier jour de la Création nouvelle, jour de la résurrection de Jésus – elle a lieu le dimanche ; elle a lieu au Paradis, sur une Terre nouvelle – dans une église ; elle est le dévoilement des Écritures dont nous savons que l’Évangile de Jésus est la clé – c’est le temps des lectures ; Jésus demande qu’on lui apporte les offrandes, offrandes de nos vies avec Dieu, offrande de notre travail et de nous-mêmes. Cette offrande est présentée par Jésus-Josué – c’est le même prénom – sur l’autel de pierre, où déjà Abraham avait invoqué le Nom du Seigneur. La messe est célébrée sur un autel de pierre consacré à Dieu. Et le Seigneur y donne en abondance le Corps du Seigneur – sa « chair » dirait saint Jean. On ne peut pas être plus explicite. On voit donc qu’à l’époque de saint Matthieu, la célébration eucharistique et son environnement presque architectural sont déjà en place.
 
N’est-il pas merveilleux que 2000 plus tard nous y soyons toujours fidèles ? Rendons grâce au Seigneur en lui présentant notre offrande : le pain de sa Parole reçue dans notre histoire, pour recevoir de lui son Corps, et avec lui la vie éternelle, en abondance. 

dimanche 26 juillet 2026

26 juillet 2026 - LA MADELEINE - 17ème dimanche TO - Année A

 1R 3,5.7-12 ; Ps 118 ; Rm 8, 28-30 ; Mt 13,44-52
 
Chers frères et sœurs,
 
Comme dimanche dernier et celui d’avant, Jésus ne ménage pas ses disciples, et nous avec ! Parlant en énigmes aux foules, il tâche d’exercer les siens au discernement, à la sagesse du Royaume des cieux. Aujourd’hui, c’est l’examen final : « Avez-vous compris tout cela ? » « Oui ! », répondent les disciples ; ils ont bien de la chance, car l’enseignement de Jésus nous reste un peu mystérieux quand même... Essayons de comprendre quelque chose.
 
Tout d’abord… commençons par la fin ! Jésus dit que le scribe disciple du Royaume des cieux « tire de son trésor du neuf et de l’ancien ». Ici notre Seigneur assimile ses disciples à des scribes – non pas à des écrivains ou à des notaires – mais plutôt à de fins connaisseurs des Écritures, qui aiment à en déchiffrer les mystères. Il ne s’agit pas de n’importe quelle connaissance : non pas celle tirée de la raison, de la philosophie, mais plutôt celle plus large ou plus profonde qui vient du cœur. N’oublions pas, en effet, que dans l’évangile de Matthieu Jésus dit : « là où est ton trésor, là est ton cœur » et aussi « L’homme bon, de son trésor qui est bon, tire de bonnes choses ; l’homme mauvais, de son trésor qui est mauvais, tire de mauvaises choses. » Le trésor, c’est le cœur. Donc, le scribe disciple du Royaume, c’est l’homme qui lit les Écritures avec son cœur, parce qu’il aime Dieu, il aime sa Parole, sa Sagesse. Justement, Salomon avait demandé au Seigneur « un cœur attentif » pour gouverner son peuple et savoir discerner le bien et le mal.
 
Maintenant, revenons aux paraboles. Il y en a trois. Pour chacune d’entre-elles, le Royaume des cieux est comparable à quelque chose de différent : il est d’abord le trésor caché dans le champ, ensuite il est le négociant qui cherche des perles fines, et enfin il est le filet qu’on jette dans la mer.
 
Commençons par la parabole du filet, c’est la plus facile. Notre traduction a gommé quelques reliefs utiles pour mieux la comprendre. Le grand filet jeté dans la mer du monde « rassemble des poissons de chaque espèce », « de toute langue » dit saint Éphrem. Comme l’arche de Noé recueille des animaux de chaque espèce, le filet rassemble des poissons de toutes les nations. C’est l’œuvre de la prédication évangélique, de l’Église. L’Église qui rassemble dans l’unité est le Royaume. Jésus dit lui-même que lorsque le filet est rempli, les anges œuvrent comme des pêcheurs : ils ramènent le filet et trient les poissons. Ce tri est comme celui d’un collectionneur de pièces rares, qui les ordonne et les range, et qui écarte celles qui sont de mauvaise qualité. Notons que les anges sont à la recherche des poissons les plus précieux - les plus savoureux… (Sommes-nous donc beaux aux yeux des anges ?) Dans la parabole du filet, nous pouvons aussi retenir que nous autres chrétiens, nous travaillons avec les anges pour que les poissons provenant de toutes les nations soient pris dans le filet-Église et qu’à la fin ils soient choisis.
 
La deuxième parabole, celle du négociant, s’adresse justement aux croyants. Le croyant qui cherche une perle fine est déjà une première expression du Royaume des cieux. Mais qu’est-ce que la perle fine ? Le livre des Proverbes nous en donne la définition : « De l’or, il y en a ; des pierres précieuses, il n’en manque pas ; mais la parole intelligente, c’est perle rare ! » La Parole intelligente, le Logos en grec, le Verbe de Dieu dirait saint Jean : voilà la perle rare. Le négociant est un scribe qui scrute les Écritures en y cherchant la Sagesse, la Parole de Dieu. Et quand il l’a trouvé en Jésus, il abandonne tout, y compris son statut social dans le judaïsme à l’époque de saint Matthieu, pour se faire chrétien. N’oublions pas que la recherche du scribe est une recherche par le cœur plus que par le raisonnement. « Pierre, dit Jésus : est-ce que tu m’aimes ? – Oui, Seigneur, tu sais bien que je t’aime. – Sois le berger de mes brebis. » Tel est le négociant qui a trouvé la perle fine. Il vend tout ce qu’il a pour en faire l’acquisition. « Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » ; « Vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. » Voilà ce qui est promis à celui qui a trouvé la perle et qui en a fait l’acquisition.
 
Il reste la première parabole. Cette fois-ci le Royaume n’est plus celui qui cherche, le négociant, mais ce qu’il trouve : le trésor. Curieusement Jésus ne donne pas l’identité de l’homme qui trouve le trésor. Dans les vieux manuscrits araméens, il ne parle même pas d’un homme mais de « Celui » qui a découvert le trésor. Or quand un Juif parle ainsi, c’est qu’il parle de Dieu. Dieu a découvert un trésor, un cœur, dans un champ. Nous savons déjà que le champ, c’est le monde. Quand Dieu a découvert un cœur, il le cache, il le protège, il en prend soin, mais aussi, en le remettant en terre, il le plante pour qu’il fructifie, comme une semence de blé. Et que fait Dieu ? « Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède et il achète ce champ-là. » Dieu donne tout ce qu’il a – son Fils unique ; tout ce qu’il est – son amour, sa vie, sa miséricorde, pour racheter ce champ dans lequel se trouve son trésor : il rachète ce monde dans lequel se trouve son Église en laquelle il trouve l’amour de son cœur.
 
Et voilà que le cercle des trois paraboles est bouclé : le trésor bien-aimé caché dans le champ, c’est l’Église, c’est le filet. Mais ce filet, c’est aussi concrètement le cœur de tout scribe, de tout croyant qui aime Dieu et qui a découvert la perle rare, son Seigneur Jésus. Dans tous les cas tout se fait dans l’amour. Telle est l’œuvre de l’Esprit Saint, l’Esprit du Royaume des cieux.

dimanche 19 juillet 2026

19 juillet 2026 - GRANDECOURT - 16ème dimanche TO - Année A

 Sg 12, 13.16-19 ; Ps 85 ; Rm 8, 26-27 ; Mt 13, 24-43
 
Chers frères et sœurs,
 
Nous poursuivons la lecture du chapitre 13 de l’évangile selon saint Mathieu. Comme dimanche dernier, Jésus enseigne aux foules en paraboles – c’est-à-dire en énigmes – dont il réserve le sens véritable à ses disciples. Dimanche dernier, c’était la parabole du semeur, aujourd’hui c’est celle de l’ivraie. Deux autres petites paraboles ont été insérées entre la parabole de l’ivraie d’abord et son explication ensuite.
 
Saint Mathieu avait indiqué « dimanche dernier » que Jésus enseignant en paraboles accomplissait ainsi la prophétie d’Isaïe : « Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas », ce qui signifie que la Parole de Dieu venant en ce monde est inaudible ou aveuglante pour ceux qui n’ont pas vocation à la comprendre ou à la voir. Cela est réservé aux seuls élus de Dieu : les disciples de Jésus, les baptisés.
Aujourd’hui saint Mathieu s’appuie sur la prophétie d’Asaph le Voyant. Tout le monde sait qui est Asaph le Voyant… ! Avec le roi David, c’est l’un des prophètes rédacteurs des Psaumes – et pour nous aujourd’hui, le psaume 78 : « J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde. » On peut aussi le traduire de la manière suivante : « J’ouvrirai ma bouche en des comparaisons et je ferai jaillir des (choses) cachées d’avant le lancement du monde. » Ce verset est du miel pour cabalistes ! Comprenez la puissance et la profondeur de ce que dit Jésus. D’abord, Jésus dit qu’il est celui-là même dont parle le psaume : il est Dieu qui ouvre la bouche, par laquelle, par sa Parole, il fonde le monde, il lance le monde – la bouche de laquelle jaillit le monde, c’est-à-dire la vie. Ensuite, que dit le psaume et Jésus avec lui ? : « Je ferai jaillir des choses cachées d’avant le lancement du monde. » La Parole de Dieu va exprimer des choses jamais vues, qui n’ont jamais existé jusqu’à maintenant sinon dans la pensée de Dieu, mais qui n’avaient pas encore franchi les lèvres de sa bouche, qu’il n’avait pas encore fait venir à l’existence dans le monde. Or quelle est cette réalité cachée qui apparaît ? C’est la rédemption de l’homme, la résurrection de l’homme, la transfiguration de l’homme et de toute la création. En définitive, c’est la manifestation visible du Royaume des cieux – qui est la volonté initiale de Dieu, depuis toujours.
 
Nous voyons tout de suite que, si le bon grain est le symbole de cette volonté cachée de Dieu, révélée par Jésus, celle-ci a rencontré un gros obstacle dans le semis concurrent de l’ivraie, symbole du mal répandu dans le monde. D’où vient le mal ? Voilà la question qui se pose, dès que l’on évoque les origines du monde et la volonté de Dieu. Et partant, qu’en est-il en regard du Royaume qui se dévoile devant nous ?
Premièrement, de quel mal s’agit-il ? Dans notre traduction, nous lisons « l’ivraie », mais en hébreu c’est la « zizanie ». Il faut aller jusqu’au bout : que signifie en hébreu « zizanie » ? C’est en même temps la prostitution, la triche et l’infidélité. L’ivraie, la zizanie, a aussi la faculté de pousser exactement comme le blé – ce n’est qu’à maturité qu’on voit que ce n’est pas du blé. L’ivraie, la zizanie, est donc aussi figure d’hypocrisie. Plus encore, on a traduit zizanie par ivraie en latin, du fait qu’elle rend ivre ; elle tourne la tête ! Et pourtant son fruit est amer, immangeable, même pour les animaux… Voilà donc le tableau de ce que l’adversaire de Dieu a semé dans le champ du monde : la perversité qui sous de faux attraits, de réjouissances faciles, d’un moment, entraîne à la double vie et à l’infidélité, à Dieu d’abord, mais aussi à son prochain.
On comprend pourquoi les serviteurs du maître ne peuvent pas faire la part du bon grain et celle de l’ivraie avant la moisson : c’est que grains et ivraie sont entremêlés dans le monde, et en chacun de nous. Et comment trier entre deux hommes de belle apparence, si l’un des deux est hypocrite ? Seul Dieu connaît le cœur de l’homme et sa vie cachée.
La bonne nouvelle cependant, est que le bon grain est semé dans le champ avant que ne soit semée l’ivraie. Le royaume des cieux qui grandit dans le blé est antérieur à l’ivraie, et l’ivraie n’a pas la puissance nécessaire pour étouffer le blé qui monte. L’ivraie est en trop ; elle ne remplace pas. Le blé est toujours là ; il ne disparaîtra pas. Et même, il sera ramassé pour être conservé dans le grenier de Dieu, quoi qu’il arrive avec l’ivraie.
Je n’ai pas parlé de celui qui a semé l’ivraie. Notre traduction dit que c’est le diablediabolos en grec. Mais le grec a traduit ha-Satan en hébreu, c’est-à-dire « l’adversaire », « l’accusateur », « l’ennemi ». Qu’en est-il de lui ? On a l’impression que c’est un personnage inexistant : au commencement, il ne sort pas de la bouche de Dieu, il n’est pas du champ de Dieu. Et à la fin, quand on jette l’ivraie dans la fournaise, il n’est pas question de lui. Jésus n’en parle même pas. Parce que tout simplement, il est laissé là où il « n’est pas », en dehors du grenier de Dieu, c’est-à-dire dans le néant. Un néant qui brûle comme un feu.
 
Pour terminer, sur une touche plus positive quand même, il faut que je vous dévoile ce que vous ne voyez pas. Dans son enseignement, comme en arrière-plan, Jésus s’appuie sur le livre de Daniel, notamment sur la prophétie du chapitre 12 : « Alors les justes resplendiront comme le soleil. » Déjà, cette promesse est extraordinaire, mais Jésus va plus loin : il ne s’agit pas seulement de la rédemption des justes et de leur glorification ; il y a – dit Jésus – que ces justes, dans le Royaume, sont devenus les enfants de Dieu : Dieu est leur Père – c’est-à-dire qu’il ne les voit qu’à travers les yeux de son amour. Voilà le Royaume des cieux : l’avènement des fils de Dieu !

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