lundi 28 décembre 2020

26-27 décembre 2020 - VELLEXON - MEMBREY - Sainte Famille - Année B

Gn 15,1-6 ; 21,1-3 ; Ps 104 ; Hb 11,8.11-12.17-19 ; Lc 2,22-40
 
Chers frères et sœurs,
 
Les prières de la messe d’aujourd’hui nous donnent la sainte Famille en exemple. Elle est à imiter. Pourtant les lectures et l’évangile ne nous parlent pas tellement de la vie courante d’une famille, mais plutôt du fait d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants, et du rapport que cela a avec la foi dans le Seigneur et le salut de son peuple. Ainsi, par exemple, dans l’évangile, il est surtout question d’Anne et de Syméon, qui n’ont pas d’enfants. En quoi devrions-nous donc imiter la sainte Famille ? En quoi est-elle pour nous tous (y compris moi !) un modèle ?
 
La première chose à observer est que la piété de l’homme et de la femme – que ce soit Abraham ou Sara, Syméon ou Anne – est toujours récompensée par le Seigneur, alors même qu’ils arrivent à des âges avancés. Le Seigneur annonce à Abraham que « sa récompense sera très grande » ; à Syméon « qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ ». Il semble que Dieu récompense les hommes surtout de leur fidélité à son égard. Pour les femmes, il semble plutôt que ce soit leur patience. Sara était âgée lorsque l’ange lui a annoncé la naissance d’un enfant. Et Anne l’était également lorsqu’elle découvre l’enfant Jésus au temple, merveille à ses yeux.
 
Abraham ne s’attendait pas à ce que sa très grande récompense soit une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Et Syméon annonce que Jésus est « la lumière qui se révèle aux nations » et qui « donne gloire à son peuple Israël ». La récompense de la fidélité de l’homme est une grande descendance et une descendance bénie, qui va même au-delà de sa seule descendance charnelle, puisque pour Syméon, la bénédiction du Seigneur s’étend même d’Israël jusqu’aux nations. Au fond, ce n’est pas tant que la fidélité de l’homme soit concrètement récompensée par une descendance charnelle qui importe, mais plutôt qu’une descendance charnelle ou spirituelle est le signe d’une grande bénédiction de la part du Seigneur à l’égard de son fidèle serviteur.
 
Pour les femmes, la question ne semble pas être tout à fait la même : pour elles, il ne s’agit pas de grande descendance, de nations et de peuples, mais il s’agit d’un enfant en particulier, comme fruit de leur patience dans la foi. Ce qui importe, c’est cet enfant-là, qui est le leur, et qui contient en lui-même toute la promesse d’une grande descendance et de la bénédiction du Seigneur pour plusieurs générations.
Sara avait ri lorsque l’Ange du Seigneur lui avait annoncé la naissance d’Isaac ! Mais Isaac était l’enfant devenu inespéré, qu’elle avait attendu toute sa vie. Anne semble être plus intérieure, parce qu’elle personnifie tout le peuple d’Israël depuis les temps les plus anciens. C’est pourquoi il est dit qu’elle avait 84 ans, c’est-à-dire 7 x 12 : la perfection des douze tribus d’Israël. Elle vivait pratiquement dans le Temple : elle est la personnification de l’espérance d’Israël, de sa prière. Saint Luc précise qu’elle est fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Phanuel est un illustre inconnu, mais Aser a été béni par son père Jacob, par ces mots : « D'Aser viendra un pain excellent. Il fournira les mets délicats des rois. » Anne est certainement une femme qui a passé sa vie à faire un pain excellent, et pourquoi pas les pains d’offrande qui étaient présentés au Seigneur dans son Temple ? En définitive, si la prière du peuple d’Israël tout entier est comparable à une femme qui fait du pain, Jésus en est le fils inespéré. On dira même qu’il en est le pain le plus parfait. C’est pourquoi Anne parle de l’enfant « à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » : Jésus est l’enfant de leur espérance, longuement pétrie par la prière.
 
Alors, au bout du compte, en quoi pouvons-nous imiter la sainte
amille ? Nous voyons bien qu’il y a en Joseph quelque chose d’Abraham et de Syméon : une foi absolue et fidèle en Dieu, qui trouve sa bénédiction dans une fécondité charnelle ou spirituelle, qui va s’étendre à des multitudes. Et il y a en Marie quelque chose de Sara et de Anne : une patience active et une espérance secrète de l’arrivée d’un enfant – le sien – même si c’est humainement impossible ; enfant qui fait leur gloire, car elles personnifient, qui Israël pour Anne, qui l’Église pour Marie. Elles sont le peuple qui espère et veille dans la prière, et qui voit sa patience comblée.
 
Voilà chers frères et sœurs des attitudes spirituelles et des conduites de vie qui peuvent tous nous aider à approfondir la vocation qui est la nôtre – quelques que soient nos situations respectives. Fidélité et patience, foi est espérance, tels sont les vertus de l’amour du Seigneur. 


Articles les plus consultés