mercredi 19 septembre 2018

8 septembre 2018 - VELLOREILLE-lès-CHOYE - 23ème dimanche TO - Année B


Is 35,4-7a ; Ps 145 ; Jc 2,1-5 ; Mc 7,31-37

Chers frères et sœurs,

Il y a beaucoup de choses anormales, dans l’Évangile que nous venons d’entendre.

En premier lieu, jamais Jésus n’aurait dû rencontrer le sourd-muet. En effet, nous les trouvons dans la Décapole – c’est-à-dire le pays des Dix-villes – qui est un territoire complètement païen. Les hommes qui amènent le sourd-muet – et lui-même – sont très certainement des païens. On se demande ce que le Messie d’Israël vient faire là, et surtout pourquoi il accède à leur prière et guérit le sourd-muet.
C’est que Jésus ne vient pas dans le monde uniquement pour son peuple bien-aimé, mais aussi pour les païens : pour l’humanité toute entière. Pourvu qu’elle marque son espérance en lui – comme les accompagnateurs – et sa confiance, comme le sourd-muet.

En second lieu, jamais Jésus n’aurait dû guérir le sourd-muet. Soyons clairs : ses problèmes ne sont pas mécaniques : il a des oreilles et une langue, mais il y a un blocage plus profond, un handicap. Que fait Jésus ? En mettant son doigt dans les oreilles, en touchant la langue de sa salive, il pratique une médecine recréatrice : il est Dieu qui reprend sa première création et la remodèle, comme le potier modèle un vase. Mais cela ne suffit pas pour donner la vie à cette création nouvelle. Pour cela, il faut l’Esprit. Jésus prie son Père d’envoyer l’Esprit – il lève les yeux au ciel – et d’un coup, il prononce la parole libératrice, qui tombe comme un feu : « Effata ! Ouvre-toi ! ». C’est comme une petite Pentecôte qui tombe sur le sourd-muet, et il est guéri et se met à parler, comme les Apôtres parlaient en langues.

En troisième lieu, jamais Jésus n’aurait dû demander aux gens de ne rien dire à personne, car… c’est tout le contraire qui se passe ! Il est drôle de voir ici le Fils de Dieu, le Verbe éternel du Père, la Parole de Dieu, par laquelle toute chose est créée sur la terre et dans le ciel, donner des ordres… qui ne sont pas appliqués ! Et même, plus Jésus ordonne, plus il est désobéi ! Voyez donc comme l’homme est créé libre ! Voyez comme il est facile de désobéir au Bon Dieu ! C’est bien plus facile de lui désobéir que de lui obéir !
Jésus ne voulait pas qu’on fasse de lui un Messie terrestre, un roi de la terre, en répandant partout un évangile terrestre. Jésus n’est pas un guérisseur comme un autre : il est le Sauveur. Il est le Roi du ciel, et son Évangile est le salut de tous les hommes et de la création toute entière. Il n’est pas là pour faire un monde plus juste et plus fraternel, sur la terre. Il est là pour inaugurer et réaliser la transformation de tout notre univers et de tout nous-mêmes en création nouvelle, dans une vie éternelle, de joie, de paix et de lumière. Pensez à la Transfiguration. A la Résurrection.
Et donc, tant que Jésus n’était pas ressuscité, il ne fallait pas trop parler de ses miracles précurseurs de cette création nouvelle. Ce n’est qu’après sa résurrection qu’il a encouragé ses disciples à en témoigner.

Mais pourquoi donc les gens désobéissaient, tout en étant extrêmement frappés, et criaient partout que Jésus « faisait bien toutes choses et faisait entendre les sourds et parler les muets » ? Parce que consciemment ou non, ils voyaient que Jésus accomplissait la prophétie d’Isaïe, que nous avons entendue, proclamée 750 ans auparavant : « Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ». C’était les signes annoncés que Dieu viendrait lui-même pour sauver les gens. Cela voulait dire que Jésus était Dieu lui-même qui était là, devant eux. Comment ne pas en être bouleversé ? Comment ne pas en parler partout ?

Chers frères et sœurs, nous sommes les chrétiens. Nous savons que Jésus est Dieu et qu’avec lui le monde ancien est mort, et que le monde nouveau est apparu. Jésus nous a donné de lever les yeux vers son Père, avec lui, par lui et en lui, pour que notre monde soit transformé, recréé, et que sur lui soit répandu l’Esprit, afin qu’il soit sauvé et qu’il vive. Jésus nous a envoyé pour répondre, en son nom, à l’espérance de tous les hommes et gagner leur confiance pour qu’ils soient guéris.
Chers frères et sœurs, écoutez-bien ce que je vais vous dire : Jésus est vivant, il continue d’accomplir des miracles aujourd’hui. Ces miracles font toujours les mêmes effets : ils bouleversent les gens et les font parler partout. Amen.

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