vendredi 3 novembre 2023

02 novembre 2023 - SOING - Commémoration de tous les fidèles défunts - Année A

Sg 3,1-6.9 ; Ps 26 ; 1Co 15,51-57 ; Mt 25,31-46
 
Chers frères et sœurs,
 
Vous vous souvenez – il y a quelques dimanches – de la parabole des Vignerons homicides, qui ont tué les envoyés du Maître, et même son Fils, alors que celui-ci attendait que les vignerons lui donnent le fruit de sa vigne, qui sont les bonnes œuvres de la Loi, bien comprise et mise en pratique. De même vous vous souvenez de la parabole des invités au repas des noces, où le Père fait appeler les invités – qui refusent, puis fait venir tout le monde, pour finalement chasser de la salle un importun qui ne portait pas le vêtement des noces. Ce vêtement, comme le fruit de la vigne, est le signe d’une vie sainte, une vie selon la Loi de Moïse ou des Béatitudes, toute faite de l’amour de Dieu et du prochain. Ce vêtement, pour saint Irénée de Lyon, n’est autre que l’Esprit Saint.
 
L’évangile de ce jour se comprend à la lumière des précédents. En définitive, ceux qui sont les bénis du Père, sont ceux qui sont comparable à une vigne qui porte du fruit, ou à des invités qui sont habillés du vêtement des noces. Leur vie est fécondée, colorée, par l’Esprit Saint, et les gestes dont parle Jésus aujourd’hui leur sont familiers : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »
En revanche, ceux qui ne portent pas de fruit, ni le vêtement des noces, sont des gens stériles : ils ne sont pas habités, mus intérieurement par l’Esprit Saint. Et dans ce cas, le Maître les retranche ou les renvoie.
 
Les actes que propose Jésus – nourrir, accueillir, habiller, visiter ou réconforter – sont profondément humains. On peut se dire qu’il n’y a pas besoin d’être chrétien pour faire cela. Et tant mieux, car ces actions, faite avec un esprit droit pourront certainement sauver ceux qui les auront faites qu’ils soient chrétiens ou non. Mais pour nous les chrétiens, ils revêtent une profondeur et une signification très particulières qui nous y obligent d’une certaine façon. En effet, ce sont des gestes que Dieu a fait à notre égard, à nous qui sommes des fils d’Adam. Adam et Eve, bannis du Paradis, étaient enseveli dans les profondeurs des enfers comme dans une prison. Le samedi Saint Jésus y est descendu pour y chercher nos vieux parents et il les a libérés par sa résurrection. Malades de leur péché, il les a guéri par le sang de sa croix, en leur appliquant le baume de sa miséricorde, de son pardon. Nus ils étaient. Jésus les as revêtus du manteau de sa divinité : il les a revêtus de l’Esprit Saint, de sortent qu’ils puissent entrer au Ciel, dans la salle des noces. Et c’est là qu’il les a nourris de lait et de miel, de tous les mets du banquet de l’Agneau, dans la joie du Paradis retrouvé. Vous comprenez frères et sœurs, que lorsque nous visitons, habillons, nourrissons, quelqu’un, nous faisons à notre mesure les gestes qu’a fait le Seigneur à notre égard, pour nous sauver et nous ramener à la vie. Et c’est pourquoi, reconnaissant en nous les gestes que lui-même a fait pour nous, il en fait la louange.
 
Allons plus loin, et remarquons que par le baptême, nous sommes plongés dans la mort et nous ressuscitons avec le Christ. Nous quittons les ténèbres de la mort pour entrer dans la vie. Nous sortons de notre prison. Par le baptême et la confirmation, nous sommes guéris de notre inclination foncière au péché, cette maladie mortelle de tout homme. Au baptême, nous avons été revêtus du vêtement blanc, le vêtement des noces, celui de l'innocence des saints. Par le baptême enfin nous avons accès à la communion eucharistique, au Corps et au Sang de Jésus, pain et vin de la vie éternelle. Les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie libèrent, guérissent, habillent et nourrissent. Ainsi donc, quand nous célébrons ces sacrements, nous faisons aussi ce que le Seigneur attend de nous, car nous faisons ici aussi comme il a fait pour Adam et Eve, pour toute l’humanité.
 
Alors, ayant considéré tout cela, pourquoi aurions-nous peur du jugement de Dieu, si en beaucoup ou peu de choses nous avons libéré, visité, habillé et nourri celui qui est dans le besoin, si nous avons fait comme Jésus – que ce soit en pleine conscience de la signification de ces gestes, ou dans une parfaite ignorance mais avec un cœur droit, par amour du prochain ? Le Seigneur connaît nos cœurs, il connaît le cœur de nos défunts pour lesquels nous prions aujourd’hui. Nul doute qu’il y trouvera ce qu’il faut pour les faire entrer dans sa vie éternelle et sa joie. 

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