lundi 6 mars 2017

5 mars 2017 - GY - 1er dimanche de Carême - Année A

Gn 2,7-9 ; 3,1-7a ; Ps 50 ; Rm 5,12-19 ; Mt 4,1-11

Chers frères et sœurs,

Le livre de la Genèse nous apprend qui nous sommes. Nous sommes des créatures, tirées du sol, modelées à l’image de Dieu et animées par son esprit afin de lui ressembler. De ce fait, nous sommes des créatures personnelles, c’est-à-dire en même temps uniques et en communion avec toutes les autres personnes qui partagent la même nature humaine.
C’est ainsi que lorsque l’un d’entre nous commet un péché, il en est évidemment responsable personnellement, mais en même temps, en vertu de la communion naturelle, nous sommes tous concernés par les effets de ce péché. Par exemple lorsqu’un membre d’une famille commet un crime, c’est toute la famille qui est touchée et qui se sent responsable et honteuse aux yeux des autres.
Inversement, lorsque l’un d’entre nous accomplit une œuvre bonne et sainte, il en est évidemment le premier loué, mais en même temps, en vertu de la communion naturelle, tous partagent l’honneur et la joie de cette belle œuvre. Par exemple, tous les chrétiens sont fiers des saints et des saintes qui honorent leur Eglise. Nous sommes fiers que Mère Theresa ou que Jean-Paul II aient illuminé le monde durant leur vie sur terre, et nous tous chrétiens, nous bénéficions de leur belle image.

Ainsi, nous partageons tout autant le péché que la sainteté, personnellement et collectivement ensemble. C’est pourquoi, lorsque Adam et Eve tombent dans le piège du serpent et s’arrogent le pouvoir de la connaissance du bien et du mal, ils commettent un péché qui contamine l’ensemble de l’humanité. Et pire, ils ouvrent une brèche dans les défenses de l’homme contre le serpent qui désormais sait qu’il peut être le plus fort et vaincre nos défenses dans de multiples tentations. L’humanité pécheresse est piégée deux fois : par le péché lui-même et par la brèche qui la rend faible face aux tentations.

Mais Dieu n’abandonne pas l’homme dans cet état, qui ne peut le conduire qu’à l’autodestruction, de péché en péché, la brèche s’ouvrant toujours davantage. Face à cette descente aux enfers, Dieu se fait homme. Jésus en personne, lui qui est Dieu, se fait aussi homme. Evidemment, il est aussi tenté par le serpent ou par le diable. Ce sont les mêmes tentations que pour Adam et Eve. Et le diable attaque par trois fois :
La première attaque est grossière, mais elle fonctionne très bien et elle est toujours d’actualité : le diable attend que Jésus sécularise son pouvoir divin, pour abaisser la Parole de Dieu à la gestion de problèmes purement matériels. Pour Adam et Eve, le fruit de la connaissance divine avait été présenté uniquement comme un objet consommable et désirable ;
La seconde tentation est plus subtile : elle s’appuie sur les saintes Ecritures pour les dévoyer et provoquer Jésus à se couper de l’obéissance due à son Père, en le défiant. Pour Adam et Eve, le serpent déforme l’interdit de Dieu qui ne s’applique pas à tous les arbres du jardin, mais seulement à celui qui est au milieu du jardin. Remarquons que Eve ne tombe pas dans ce piège.
La troisième tentation est inqualifiable: en s’appuyant sur sa réponse à la tentation précédente, le diable demande que Jésus qui est Dieu s’abaisse devant lui – lui le serpent qui rampe sur le sol – pour recevoir de lui pouvoir sur le monde entier. En pratique celui qui pense gagner gros avec le diable se trouve en réalité méprisé et écrasé par lui. Pour Adam et Eve, la tentation a consisté à croire la parole du diable plutôt que d’obéir au commandement de Dieu. Or la parole du diable conduit à la mort, quand l’obéissance à la Loi du Seigneur conserve dans la vie. Jésus ne se trompe pas quand il répond au diable : « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte ».
Jésus a donc résisté au serpent du jardin d’Eden et, en vertu de la communion naturelle qu’il a avec toute l’humanité depuis qu’il s’est fait homme, il a annulé le péché d’Adam et Eve et assainit et renforcé l’ensemble du corps humain qui était fragilisé. « Je ne suis pas venu pour les justes avait dit Jésus, mais pour les pécheurs ».

Pourquoi Jésus a-t-il réussi là où Adam et Eve avaient échoué ? Parce que le diable n’a pas reconnu en l’homme Jésus la personne du Fils de Dieu. Il ne croyait pas qu’il serait possible que Dieu se fasse homme. Jésus a résisté à toutes les tentations parce qu’il aime Dieu son Père et que son Père l’aime et qu’ils partagent le même Esprit Saint créateur.

Nous savons maintenant, que grâce à notre baptême, en plus d’une humanité commune, nous appartenons aussi au même corps divin de Jésus et que nous sommes habités par son Esprit Saint. Dès lors, en communion avec Jésus, en aimant Dieu notre Père et en nous laissant animer par son Esprit Saint, nous sommes devenus capables de résister aux tentations et de faire, comme Jésus, des œuvres bonnes qui contribuent à sanctifier toute l’humanité. C’est d’ailleurs exactement ce que nous allons faire maintenant, en célébrant l’Eucharistie, pour le salut du monde.

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