dimanche 5 avril 2026

04 avril 2026 - GY - Vigile Pascale - Année A

Gn 1,1-2,2 ; Ps 103 ;  Ex 14,15-15,1a ; Cant. Ex ; Ba 3,9-15.32-4,4 ; Ps 18 ;
Rm 6,3b-11 ; Ps 117 ; Mt 28,1-10
 
Chers frères et sœurs,
 
Lorsque nous célébrons la messe – et la Vigile Pascale est le modèle de toutes les messes – nous faisons trois choses.
 
Premièrement, nous nous souvenons. Nous nous souvenons des origines de notre foi, de la foi d’Israël, puis de l’histoire de Jésus, sa mort et sa résurrection, transmise par les apôtres. Si nous nous souvenons de cette longue histoire à la manière d’une chaîne, de générations en générations, c’est parce que nous y trouvons une force de vie spirituelle et nous voulons y ajouter notre maillon et qu’après nous, de générations en générations cette histoire continue de faire vivre nos enfants et les enfants de nos enfants.
La lecture du livre de la Genèse nous rappelle que nous avons été créés par Dieu et que sa création est bonne : nous sommes un trésor. La lecture du livre de l’Exode nous rappelle que Dieu ne nous abandonne pas : il veille sur nous et, lorsque nous sommes prisonniers d’une situation, il a la capacité de nous en libérer. Nous nous souvenons que le Seigneur notre Dieu est Amour et Vie.
 
Deuxièmement, lorsque nous célébrons la messe, en faisant ce que Jésus a demandé à ses disciples de faire après lui, en redisant ses paroles, en refaisant ses gestes, nous nous rendons contemporains de Jésus, comme si nous étions avec lui à son époque ; et inversement lui se rend présent à nous aujourd’hui, maintenant. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Ce soir, la lumière du Cierge Pascal signifie bien ce mystère : c’est la lumière de Jésus vivant qui nous illumine. De même, dans le partage de son Corps et de son Sang, nous sommes en communion avec lui, maintenant. Ainsi, la force de vie spirituelle dont je parlais tout à l’heure n’est pas seulement un esprit, mais aussi une réalité physique. Car la résurrection de Jésus ne concerne pas seulement son âme mais aussi son corps, et il en va de même pour nous, dès maintenant.
Cela est bien enseigné par l’Évangile de la résurrection de Jésus. La lumière de la vie divine est indiquée par la présence de l’ange, dont saint Matthieu dit qu’il avait « l’aspect de l’éclair » ; et la réalité physique du corps ressuscité de Jésus est discrètement indiquée par le fait que les femmes lui « saisirent les pieds ». On ne saisit pas les pieds d’une hallucination ou d’un fantôme. On saisit les pieds d’un corps vivant. Jésus est vivant, maintenant.
 
Lorsque nous célébrons la messe donc, nous nous souvenons, nous faisons ce qu’a fait Jésus, et nous rendons visible les réalités invisibles. C’est pour cela que la messe est pleine de symboles : dans les vêtements du prêtre et des enfants de chœur, dans le rituel, dans les objets du culte, dans l’architecture de l’église elle-même. Ces symboles rendent visibles et même compréhensibles les mystères du Royaume des cieux. Dans la messe, il y a quelque chose à voir et à comprendre : il y a une Sagesse.
Le livre de Baruc nous a enseigné qu’il ne s’agit pas d’une sagesse philosophique, qui est le produit de l’intelligence de l’homme. Mais il s’agit d’une Sagesse qui est la Parole de Dieu, par laquelle Dieu a tout créé. Ce n’est pas l’homme qui crée la sagesse, mais c’est par sa Sagesse que Dieu a créé l’homme. Tout le secret de notre vie et de notre destinée est inscrit dans cette Sagesse de Dieu. Or, la Parole de Dieu, la Sagesse de Dieu, chers frères et sœurs, vous le savez bien – vous l’avez appris au caté : c’est Jésus lui-même. Qui connaît Jésus connaît la Sagesse de Dieu. Qui connaît Jésus, qui est en communion avec lui, se connaît ainsi lui-même, réellement. Et comme la Sagesse de Dieu est éternelle, alors celui qui est en communion avec Jésus ne mourra jamais.
Chers frères et sœurs, quand nous célébrons la messe, nous déployons les mystères de la Sagesse de Dieu, comme on déploie une grande nappe brodée, avec mille dessins ; autant de dessins qu’il y a de choses créés dans l’œuvre de la création, autant de dessins qu’il y a d’événements dans l’histoire des hommes, autant de dessins qu’il y a de réalités dans la Sagesse de Dieu. Et nous en faisons partie.
 
Tout cela, chers frères et sœurs nous est rappelé, nous est enseigné, nous est exposé à la messe, parce qu’il s’agit du dévoilement du grand mystère de Dieu. C’est l’œuvre de l’Esprit Saint, dans les prophètes, puis en Jésus qui nous l’a révélée, et enfin en nous aujourd’hui : en communion avec Jésus vivant, chers frères et sœurs, nous sommes ce soir, la lumière du monde.

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