dimanche 24 mars 2024

24 mars 2024 - MEMBREY - Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur - Année B

 Mc 11, 1-10
 
Chers frères et sœurs,
 
Quand nous entrons en procession dans l’église, que nous remontons l’allée centrale jusqu’à l’autel nous revivons la montée de Jésus à Jérusalem, en nous souvenant que cette montée avait deux significations.
 
La première est un rappel des temps anciens où les rois d’Israël étaient oints par de l’huile sainte avant de monter à Jérusalem assis sur un petit âne. Au temps de Jésus, ce rituel du couronnement n’avait pas été célébré depuis très longtemps. Un peu comme si aujourd’hui quelqu’un se faisait sacrer roi à la cathédrale de Reims. Jésus a enthousiasmé les foules, qui voyaient en lui l’homme providentiel, le vrai roi d’Israël, tant espéré et tant attendu. Mais il a aussi alarmé les pouvoirs politiques et religieux, qui finalement ont décidé de le tuer. Il devenait trop dangereux.
 
La seconde signification est une annonce de l’avenir, où selon la prophétie du prophète Daniel, le Fils de l’Homme montera dans les cieux acclamé par les anges après avoir vaincu les démons, pour s’asseoir sur son trône à la droite du Père. En montant à Jérusalem, acclamé par les foules, et après avoir en avoir chassé les marchands à coups de cordes, Jésus va entrer dans le Temple de Dieu, son Père. Jésus indique ainsi que le Fils de l’Homme dont il était question dans la prophétie, c’est lui. Mais sa véritable montée dans les cieux pour s’asseoir à la droite du Père, c’est à l’Ascension.
 
Jésus est donc le vrai roi d’Israël, le Bon Berger du peuple de Dieu, et il est aussi le Fils de l’Homme qui va s’asseoir à la droite du Père, c’est-à-dire le vrai Messie, le vrai Sauveur, celui qui enlève les péchés du monde.
 
Et nous, voilà qui nous sommes, avec nos rameaux : les acclamateurs du roi d’Israël qui monte à Jérusalem et du Fils de l’Homme qui monte dans les cieux. Avec les saints et tous les anges, acclamons avec joie Jésus, notre roi et notre Dieu !
 
 
Is 50, 4-7 ; Ps 22 ; Ph 2, 6-11 ; Mc 14, 1 – 15, 47
 
Chers frères et sœurs,
 
À partir de Gethsémani, l’histoire de Jésus est laissée aux mains du Mauvais et tout s’inverse jusqu’à la Résurrection.
 
Ainsi, les Apôtres qui avaient juré de ne pas renier Jésus ne sont pas capables de veiller une heure – bientôt ils vont s’enfuir en courant ; Judas trahit et livre Jésus… avec un baiser ; les Grands Prêtres jugent avec mépris l’homme Jésus et le condamnent, ne se rendant pas compte qu’ils passent eux-mêmes à ce moment même au tribunal de Dieu, et ils sont pardonnés ; Pierre qui avait osé tirer son épée contre le serviteur du Grand Prêtre au beau milieu d’une troupe en armes, maintenant a peur d’une petite servante désarmée ; Pilate, l’occupant romain, qui aurait dû être le plus intraitable contre Jésus, cherche à défendre sa vie contre les Grands Prêtres – ses compatriotes – qui veulent sa mort ; la foule qui avait acclamé Jésus comme roi, maintenant réclame sa mort sur une croix ; Jésus qui aurait dû être honoré comme vrai Roi de l’univers, est moqué, insulté et frappé comme un misérable ; Lui qui est le Fils de l’Homme, au moment de son élévation vers le Ciel pour être glorifié par les anges et les archanges, est élevé sur une croix et humilié par les insultes des passants et des Grands Prêtres ; à midi, au moment où le soleil est le plus éclatant,  l’obscurité se fit sur toute la terre ; Jésus qui avait dit qu’il ne boirait du vin qu’à l’avènement de son Règne éternel, se voit offrir du vinaigre au moment de son agonie ; et le centurion – un païen étranger à Israël – est le premier à confesser l’espérance d’Israël, la foi de l’Église : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! »
 
Tout est à l’envers. Tout est en ombres chinoises. Le blanc est devenu noir… mais aussi le noir est devenu blanc.
Car nous voyons là l’œuvre du Seigneur : Dieu s’est fait homme ; il s’est abaissé au plus bas de l’humanité jusqu’à être traité comme un paria, alors qu’il est innocent. Il s’est laissé conduire jusqu’à la mort ; il est descendu au séjour des morts. Mais pour libérer l’homme, en remonter l’homme, les hommes pécheurs, tous les hommes, jusqu’à les élever dans sa gloire, la gloire de Dieu, par la puissance de sa résurrection.
 
Souvenons-nous frères et sœurs : quand nous sommes les jouets du Mauvais et que nous sommes accusés et traités injustement, alors nous sommes comme Jésus, avec lui en sa Passion. En remettant à l’endroit ce qui apparaît à l’envers, par la foi, alors nous savons que toute injure sur terre deviendra une acclamation au ciel ; un coup sera effacé par une caresse ; des loups furieux seront remplacés par des anges ; une mort misérable ouvrira à une résurrection glorieuse. Car les premiers dans ce monde deviendront les derniers dans les cieux ; et les derniers en ce monde, par la foi, deviendront les premiers dans les cieux.
 
Voilà la grande leçon de Jésus en sa Passion. On y voit le Dieu innocent passer au tribunal des hommes qui le condamnent à mort ? Mais en réalité, ce qu’il faut vraiment voir, c’est l’inverse : la Passion de Jésus est l’heure du jugement de l’humanité où Dieu, prenant sur lui-même tous ses péchés, lui fait grâce, et lui accorde la vie éternelle.
Tel est le Dieu annoncé et attendu par les Juifs ; tel est le Dieu des chrétiens ; il n’y en a pas d’autre.

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