dimanche 9 août 2020

08-09 août 2020 - MALANS - VALAY - 19ème dimanche TO - Année A

1R 19,9a.11-13a ; Ps 84 ; Rm 9,1-5 ; Mt 14,22-33

Chers frères et sœurs,

Je voudrais, aujourd’hui, aborder deux points importants. Le premier concerne l’Ancien Testament et les Juifs, ce qu’ils doivent représenter pour nous, les chrétiens. Le second point concerne la signification de l’Évangile de ce jour.

Concernant le premier point. La plus grande hérésie dans l’Église est celle de Marcion. Cet homme, riche armateur du Ier siècle, répandait partout l’enseignement faux qu’il y avait une séparation entre l’Ancien et le Nouveau Testament, que le Dieu de l’Ancien Testament, celui de Moïse et des Juifs, était mauvais, tandis que le Dieu du nouveau Testament, celui de Jésus et des chrétiens était bon. Le premier était le dur Dieu de la Loi, et le second le Dieu miséricordieux des Béatitudes. Or c’est faux : le Dieu de l’Ancien Testament est le même que celui du Nouveau. Nous le voyons par exemple dans les deux lectures que nous avons entendues.

La première relate la rencontre entre le prophète Elie et le Seigneur, sur la Montagne. Justement, cette semaine, nous avons célébré la fête de la Transfiguration où Jésus apparaît à Pierre, Jacques et Jean, sur la Montagne, avec Moïse et Elie, dans la gloire. Cela veut dire que l’expérience de Dieu qu’ont eue Moïse et Elie est la même que celle dont ont bénéficié Pierre, Jacques et Jean. Or il s’agissait d’une anticipation de la Résurrection. Ainsi, Moïse et Elie, sans le comprendre en leur temps, avaient déjà eu l’expérience de cette gloire. Et c’est pourquoi ils en étaient prophètes.

La seconde lecture est un extrait de la lettre de Saint Paul aux Romains. Saint Paul y rappelle très clairement que les Juifs – qui vivent toujours de l’Ancien Testament – ont été adoptés par Dieu ; ils ont été glorifiés par lui ; Dieu a fait plusieurs alliances avec eux ; il leur a donné la Loi et le culte du Seigneur ; il leur a fait des promesses ; les Patriarches, Abraham, Isaac, Jacob, le roi David, c’est-à-dire les ancêtres de Jésus et Jésus lui-même sont bénis. Et ces dons, et ces bénédictions, non seulement le Seigneur qui est fidèle ne les leur a pas retirés, mais il les conduira à leur accomplissement, lorsque Jésus reviendra pour eux et pour nous en même temps. C’est dire que les Juifs d’hier et d’aujourd’hui n’ont pas à être condamnés, car nous adorons le même Seigneur. Mais nous pouvons prier pour qu’ensemble nous accueillions bientôt le Messie Sauveur, dans la même union et la même gloire, comme Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean, sur la Montagne.

Une chose est certaine : plus nous nous laissons aller aux idées de Marcion, plus nous nous éloignons du Seigneur et de son Évangile. Au contraire, plus nous faisons résonner le Nouveau Testament avec l’Ancien, comme deux cordes vocales pour produire un même son, plus nous pouvons comprendre intérieurement l’un et l’autre Testament, et entrer dans la même communion qui a illuminée Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean, sur la Montagne. Pour notre plus grand bonheur.

Maintenant un mot sur l’évangile de ce jour.

Jésus a donc nourri la foule en multipliant les pains. Il est parti prier seul dans la montagne, après avoir envoyé ses disciples prendre une barque. Or voilà qu’il y a une tempête et, tandis que les disciples ont peur, ils voient Jésus venir vers eux. Il s’ensuit une discussion avec Pierre et, finalement, Jésus étant monté dans la barque, un grand calme se fait.

Nous avons là une répétition générale de la Passion et de la Résurrection de Jésus. Quand Jésus célèbre la Cène, le Jeudi Saint, c’est comme la multiplication de pains. Ensuite c’est la Passion et la mort de Jésus. Jésus et ses Apôtres sont séparés. Le premier est seul sur la montagne, comme il sera seul sur la croix. Les autres sont ensemble, transis de peur, comme ils auront peur au Cénacle. Car ils sont perdus : c’est la tempête. Or, à leur grande surprise, ils voient Jésus marcher sur les eaux, comme s’il marchait sur la mort. C’est impossible. Ils s’écrient : « C’est un fantôme ! » Ils feront exactement la même observation lorsqu’ils reverront Jésus ressuscité. Pour leur prouver qu’il a bien un corps, Jésus mangera alors du poisson devant eux. Jésus leur dit : « C’est moi, n’ayez plus peur », comme il dira au cénacle : « La paix soit avec vous ».

Comme d’habitude, Pierre veut faire le malin : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux ». Ici, Pierre anticipe déjà que ce qu’il dira plus tard à Jésus en lui jurant qu’il ne l’abandonnera jamais, qu’il le suivra jusqu’à la mort s’il le faut. Mais Jésus lui répondra qu’il le reniera trois fois. Ainsi, marchant sur les eaux de la mort, « voyant la force du vent, Pierre eut peur, et comme il commençait à s’enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » ». Oui, Saint Pierre a eu peur sur le lac comme dans la maison de Caïphe, et quand le coq a chanté, il a pleuré amèrement. C’est pourquoi Jésus le relève, le sauve des eaux, en lui disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Jésus monte dans la barque et les eaux se calment, de la même manière que Jésus ressuscité rompt le pain et donne l’Esprit Saint à ses disciples : il est toujours dans son Église et les forces de la mort ne prévaudront jamais sur elle.


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